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  <title>Explorer le Monde de Demain depuis les marges</title>
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    <title>Explorer le Monde de Demain depuis les marges</title>
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  <pubDate>Sun, 03 Jan 2010 19:55:04 GMT</pubDate>
  <title>Humanisme du XXIe siècle</title>
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  <description>&lt;div class=&quot;gmail_quote&quot;&gt;&lt;div&gt;&lt;div class=&quot;im&quot;&gt;Depuis quelques jours, nous sommes engag&amp;eacute;s, avec B., dans une conversation qui part de la question: existe-t-il des races humaines? Pourquoi en fran&amp;ccedil;ais, le mot race est tabou et les Fran&amp;ccedil;ais qui l&apos;utilisent sont racistes alors que les Anglo-Saxons l&apos;utilisent?&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ma part, j&apos;affirme qu&apos;il n&apos;y a pas de race humaine, car m&amp;ecirc;me si un biologiste me prouvait le contraire (et encore que, je m&apos;aper&amp;ccedil;ois &amp;agrave; lire&lt;i&gt; L&apos;Histoire &lt;/i&gt;que tous ne sont pas d&apos;accord visiblement), je lui r&amp;eacute;torquerai qu&apos;au XIXe s. ceux qui ont voulu utiliser la biologie pour prouver l&apos;existence des races l&apos;ont fait dans un but de justifier leur domination et asservissement &amp;eacute;conomique sur des populations qui devenaient de facto inf&amp;eacute;rieures. Puis que cette th&amp;eacute;orie polyg&amp;eacute;nique de l&apos;humanit&amp;eacute; (entres autres th&amp;eacute;ories) a permis ensuite le nazisme. Donc, on ne peut pas faire comme si cela n&apos;avait pas eu lieu. On ne peut pas effacer ce qu&apos;il s&apos;est pass&amp;eacute;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela renvoie &amp;agrave; la question suivante: pourquoi les Fran&amp;ccedil;ais n&apos;utilisent plus le mot race (ou alors sont consid&amp;eacute;r&amp;eacute;s, du fait m&amp;ecirc;me qu&apos;ils l&apos;utilisent, comme &amp;quot;racistes&amp;quot; en tant que adh&amp;eacute;rents &amp;agrave; l&apos;id&amp;eacute;e qu&apos;il existe plusieurs races humaines) alors que les Anglo-Saxons l&apos;utilisent sans vergogne? &lt;br /&gt;  &amp;nbsp;&lt;br /&gt;Cela renvoie &amp;agrave; l&apos;Histoire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le racisme scientifique existe avant le XIXe s.: les th&amp;eacute;ories polyg&amp;eacute;nistes selon lesquelles il existe plusieurs races qui correspondent &amp;agrave; autant de caract&amp;eacute;ristiques g&amp;eacute;n&amp;eacute;tiques sont tr&amp;egrave;s anciennes (les Grecs et les Romains les ont les premiers formul&amp;eacute;es: les &amp;quot;N&amp;egrave;gres&amp;quot; appartiendraient ainsi &amp;agrave; une race diff&amp;eacute;rente, vou&amp;eacute;e &amp;agrave; l&apos;esclavage, un des h&amp;eacute;ritages grecs r&amp;eacute;cup&amp;eacute;r&amp;eacute;s par les Arabes et retransmis en Europe au Moyen Age... en m&amp;ecirc;me temps que la science et Aristote), mais elle sont reprises et amplifi&amp;eacute;es lors de la colonisation. Elles donnent naissance alors &amp;agrave; l&apos;id&amp;eacute;e de la sup&amp;eacute;riorit&amp;eacute; des Europ&amp;eacute;ens, de la &amp;quot;race&amp;quot; europ&amp;eacute;enne. On lui cherche des justifications scientifiques. Les retards techniques constat&amp;eacute;s en Afrique sont interpr&amp;eacute;t&amp;eacute;s comme des retards intellectuels et une arri&amp;eacute;ration structurelle. Deux discours dominent alors:&lt;br /&gt; - l&apos;&amp;eacute;volutionnisme voit les Africains comme des avatars de la Gaule ou de la Pr&amp;eacute;histoire (ils sont en retard dans leur &amp;eacute;volution) (cf. image 1);&lt;br /&gt;- le diffusionnisme souligne que ces peuples sont rest&amp;eacute;s durablement&amp;nbsp; &amp;agrave; l&apos;&amp;eacute;cart des foyers de civilisation europ&amp;eacute;ens ou asiatiques.&lt;br /&gt; D&amp;egrave;s qu&apos;un trait consid&amp;eacute;r&amp;eacute; comme &amp;quot;civilis&amp;eacute;&amp;quot; est d&amp;eacute;tect&amp;eacute; chez les Africains (villes, royaumes organis&amp;eacute;s...) il est expliqu&amp;eacute; par une influence venue de l&apos;Orient ou de la M&amp;eacute;diterran&amp;eacute;e. &lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;im&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;span&gt;Surtout &amp;agrave; partir d&apos;arguments psychologiques ou biologiques (le Dr Adolphe Cureau, dans &lt;i&gt;Les Soci&amp;eacute;t&amp;eacute;s primitives de l&apos;Afrique &amp;eacute;quatoriale&lt;/i&gt;, publi&amp;eacute; en 1912, &amp;eacute;crit qu&apos;&amp;agrave; partir de l&apos;&amp;acirc;ge de dix ans les Noirs r&amp;eacute;gressent intellectuellement et restent incapables de toute abstraction*; Gobineau et son &lt;i&gt;Essai sur l&apos;in&amp;eacute;galit&amp;eacute; des races humaines&lt;/i&gt;, 1853-1855) mais aussi avec le d&amp;eacute;veloppement de l&apos;anthropom&amp;eacute;trie avec les mesures des yeux, des l&amp;egrave;vres, des nez... les types de cheveux, de peau... une typologie des esp&amp;egrave;ces humaines est mise en avant (cf. image 1). Ainsi plusieurs types humains sont d&amp;eacute;finis et leur comparaison se fait &amp;agrave; partir du mod&amp;egrave;le &amp;quot;aryen&amp;quot; de la statuaire grecque au d&amp;eacute;triment, &amp;eacute;videmment, de tous les autres types qui sont d&amp;eacute;valoris&amp;eacute;s et donc jug&amp;eacute;s inf&amp;eacute;rieurs. D&apos;ailleurs, les diff&amp;eacute;rentes races noires sont jug&amp;eacute;es en fonction de leur proximit&amp;eacute; avec les Blancs. Idem: lorsque certains Noirs sont jug&amp;eacute;s beaux par les crit&amp;egrave;res occidentaux, la seule explication possible est le croisement avec des envahisseurs m&amp;eacute;diterran&amp;eacute;ens.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;  &lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt; &lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,&amp;quot;serif&amp;quot;;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Toute cette litt&amp;eacute;rature se d&amp;eacute;veloppe, notamment sous l&apos;influence des Allemands qui justifient ainsi le g&amp;eacute;nocide des Hereros et dont les auteurs se retrouveront ensuite &amp;agrave; l&apos;Institut des sciences de Berlin sous l&apos;&amp;eacute;gide de Hitler (qui cite &amp;agrave; plusieurs reprises Gobineau dans &lt;/span&gt;&lt;i style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Mein Kampf&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;) pour y justifier les th&amp;eacute;ories scientifiques du nazisme. Elles sont donc condamn&amp;eacute;es apr&amp;egrave;s-guerre. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Dans le monde britannique (qui est le sujet de l&apos;agr&amp;eacute;gation et sur lequel je planche... de mani&amp;egrave;re intermittente en ce moment), la colonisation se fait beaucoup plus sereinement. M&amp;ecirc;me justification &amp;quot;scientifique&amp;quot; (en r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, on le voit, id&amp;eacute;ologique, les scientifiques justifiant le pr&amp;eacute;suppos&amp;eacute; de la sup&amp;eacute;riorit&amp;eacute; des colonisateurs et l&apos;inf&amp;eacute;riorit&amp;eacute; des colonis&amp;eacute;s qu&apos;il faut civiliser) mais gestion beaucoup plus pragmatique et participation des colonis&amp;eacute;s &amp;agrave; leur propre colonisation en y associant les &amp;eacute;lites locales permettent, ensuite, de r&amp;eacute;ussir une d&amp;eacute;colonisation beaucoup plus pacifique (alors qu&apos;en France la violence de la d&amp;eacute;colonisation consacre d&amp;eacute;finitivement le tabou de la race telle qu&apos;elle est d&amp;eacute;finit au XIXe et jusque dans les ann&amp;eacute;es 1950). &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;De ce fait, chez les Anglo-Saxons, la notion d&apos;in&amp;eacute;galit&amp;eacute; des races et de race elle-m&amp;ecirc;me n&apos;a jamais &amp;eacute;t&amp;eacute; remise fondamentalement en cause puisqu&apos;elle n&apos;a caus&amp;eacute; aucune violence particuli&amp;egrave;re (sauf la r&amp;eacute;volte des Cipayes, mais elle avait des motifs religieux et politiques) et a donn&amp;eacute; naissance &amp;agrave; un Empire o&amp;ugrave; la paix et la prosp&amp;eacute;rit&amp;eacute; ont r&amp;eacute;gn&amp;eacute;. Ainsi, cette imp&amp;eacute;rialisme anglais a &amp;eacute;t&amp;eacute; vu comme l&apos;illustration de la sup&amp;eacute;riorit&amp;eacute; anglaise, de la race britannique (qui remonterait &amp;agrave; un savant m&amp;eacute;lange de Brutus, Troyens et des Nordiques d&apos;o&amp;ugrave; l&apos;admiration d&apos;Hitler): comme les Anglais &amp;eacute;taient une race sup&amp;eacute;rieure, ils ont eu un Empire; comme ils ont eu cet immense Empire, cela prouve qu&apos;ils sont sup&amp;eacute;rieurs -- tautologie pratique et imparable. Et comme l&apos;Empire est une histoire qui a fini plut&amp;ocirc;t bien (avec le Commonwealth), les notions id&amp;eacute;ologiques qui le sous-tendaient n&apos;ont jamais &amp;eacute;t&amp;eacute; fondamentalement remises en cause... ni les mots utilis&amp;eacute;s pour d&amp;eacute;crire ces id&amp;eacute;es, comme le mot &amp;quot;race&amp;quot;... sauf r&amp;eacute;cemment lors d&apos;un profond d&amp;eacute;bat historiographique en Angleterre qui a aboutit, en fin de compte, m&amp;ecirc;me s&apos;il n&apos;est pas totalement termin&amp;eacute;, &amp;agrave; l&apos;id&amp;eacute;e que la colonisation britannique au nom des id&amp;eacute;aux lib&amp;eacute;raux &amp;eacute;tait quand m&amp;ecirc;me bien par essence un imp&amp;eacute;rialisme bas&amp;eacute; sur l&apos;id&amp;eacute;e de l&apos;in&amp;eacute;galit&amp;eacute; des races.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, les Anglais ont plut&amp;ocirc;t r&amp;eacute;ussi &amp;agrave; d&amp;eacute;coloniser sans heurt majeur. Ils ont accord&amp;eacute; leur ind&amp;eacute;pendance aux pays qui les demandaient sans mener de guerres de d&amp;eacute;colonisation (contrairement &amp;agrave; la France). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin et surtout, ni les Anglais ni les Am&amp;eacute;ricains n&apos;ont particip&amp;eacute; de mani&amp;egrave;re &amp;eacute;tatique &amp;agrave; la Shoah, conclusion terrible des th&amp;eacute;ories raciales. (C&apos;est d&apos;ailleurs toujours avec beaucoup d&apos;amusement ironique que je note les Fran&amp;ccedil;ais qui accusent les Anglais et surtout les Am&amp;eacute;ricains de ne pas avoir emp&amp;ecirc;ch&amp;eacute; la Shoah quand la France y a &lt;u&gt;particip&amp;eacute;&lt;/u&gt;.) Ils ont m&amp;ecirc;me &amp;eacute;t&amp;eacute; les seuls (avec les Russes) &amp;agrave; continuer de r&amp;eacute;sister contre les nazis. De fait, ils n&apos;ont pas cette culpabilit&amp;eacute; dont parlait H&amp;eacute;l&amp;egrave;ne (et &amp;ccedil;a explique pourquoi les Anglais ont un pied dedans mais aussi un pied en dehors de l&apos;Europe). Or, cette absence de culpabilit&amp;eacute; fait qu&apos;&amp;agrave; mes yeux la culture anglo-saxonne a &amp;eacute;t&amp;eacute; encore moins d&amp;eacute;nazifi&amp;eacute;e que le culture fran&amp;ccedil;aise. En France, le mot race a pris son sens comme un r&amp;eacute;sultat de cette d&amp;eacute;nazification. Dans le monde anglo-saxon, celle-ci n&apos;a pas eu lieu (voire au contraire lorsqu&apos;il fallait lutter contre les communistes et ce d&amp;egrave;s 1917, v&amp;eacute;ritable date de d&amp;eacute;but de la Guerre froide). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Je ne dis pas que la culture anglo-saxonne est nazie, je dis qu&apos;elle a &amp;eacute;t&amp;eacute; nazifi&amp;eacute;e (comme nombres de cultures europ&amp;eacute;ennes) ou plut&amp;ocirc;t qu&apos;elles a subies les m&amp;ecirc;mes influences que celles qui ont r&amp;eacute;sult&amp;eacute; au nazisme en Allemagne et au fascisme en Italie. Apr&amp;egrave;s guerre, la France a fait (en partie, car ce ne fut jamais achev&amp;eacute; du fait de De Gaulle entres autres) son examen de conscience et a continu&amp;eacute; jusqu&apos;&amp;agrave; Chirac (en 95). Aux USA et en Angleterre, non. Du coup, beaucoup de traces de cette &amp;quot;nazification&amp;quot; restent encore aujourd&apos;hui. L&apos;utilisation du mot race est l&apos;une de ces traces. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les langues et les mots ont un sens: ils sont un h&amp;eacute;ritage. Ils donnent naissance &amp;agrave; des conventions inconscientes pour celui qui ignore le pass&amp;eacute;. Il est vain d&apos;esp&amp;eacute;rer que les soci&amp;eacute;t&amp;eacute;s apprennent de leur pass&amp;eacute;, mais elles se doivent de le conna&amp;icirc;tre, notamment leurs &amp;eacute;lites, qui ensuite peuvent justement d&amp;eacute;finir des paradigmes de r&amp;eacute;flexion en utilisant des concepts, d&amp;eacute;clin&amp;eacute;s en notions et ensuite faire p&amp;eacute;n&amp;eacute;trer ces notions dans l&apos;ensemble de la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; gr&amp;acirc;ce aux m&amp;eacute;dias (LTI de Klemperer est extr&amp;ecirc;mement instructif &amp;agrave; cet &amp;eacute;gard). D&apos;om mon aversion visc&amp;eacute;rale pour les &amp;eacute;lites gouvernementales actuelles et les m&amp;eacute;dias trop souvent complaisants qui sont en train de r&amp;eacute;habiliter un mode de pens&amp;eacute;e terrible. Ils ne sont pas nazis; ils renazifient notre culture. D&apos;o&amp;ugrave; ma condamnation des biologistes (ou de tout scientifique) qui ignore dans quel cadre culturel et historique il devrait s&apos;inscrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fait que la culture anglo-saxonne n&apos;ait pas &amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;nazifi&amp;eacute;e signifie qu&apos;aujourd&apos;hui ils nous la resservent alors que nous-m&amp;ecirc;mes sommes en train d&apos;oublier pourquoi nous l&apos;avons d&amp;eacute;nazifi&amp;eacute;e (notre culpabilit&amp;eacute; s&apos;efface). Et du coup je crains que cela ne donne un cocktail bien merdeux et bien dangereux dans les ann&amp;eacute;es &amp;agrave; venir (je crois d&apos;ailleurs que &amp;ccedil;a a commenc&amp;eacute;).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot; class=&quot;im&quot;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;im&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ce qui pr&amp;eacute;c&amp;egrave;de vient que je refuse de tout mon &amp;ecirc;tre l&apos;id&amp;eacute;e que la science, n&apos;importe quelle science (biologie, maths, physique, etc.) puisse op&amp;eacute;rer en vase clos et affirmer elle seule la v&amp;eacute;racit&amp;eacute; des faits qu&apos;elle &amp;eacute;nonce. La science est bas&amp;eacute;e sur la m&amp;eacute;thode hypoth&amp;eacute;tico-d&amp;eacute;ductive. Elle est faillible et ne fait qu&apos;&amp;eacute;noncer des v&amp;eacute;rit&amp;eacute;s conjoncturelles qui satisfont une soci&amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;agrave; un moment donn&amp;eacute; (tout comme les sciences sociales). &lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;Pour moi, le refus des biologistes mol&amp;eacute;culaires pendant longtemps de travailler sur la couleur de peau des premiers hommes pour ne pas &amp;ecirc;tre tax&amp;eacute;s de racisme &amp;eacute;tait un refus tout &amp;agrave; fait justifi&amp;eacute; tant qu&apos;ils ne r&amp;eacute;ussissaient pas &amp;agrave; &amp;eacute;laborer une m&amp;eacute;thode qui puisse permettre de ne pas faire l&apos;apologie du racisme. Depuis, ils ont repris leurs &amp;eacute;tudes pour savoir si les premiers hommes &amp;eacute;taient noirs ou non et en ont conclu que les traits secondaires comme la pigmentation de la peau, la forme des yeux, celle du nez, proc&amp;egrave;dent d&apos;&amp;eacute;volutions post&amp;eacute;rieures &amp;agrave; l&apos;apparition d&apos;&lt;i&gt;Homo sapiens&lt;/i&gt;. Maintenant, on pourraitt dire: &lt;i&gt;Homo sapiens&lt;/i&gt; = esp&amp;egrave;ce, homme n&amp;eacute;gro&amp;iuml;de = race. C&apos;est effectivement une convention langagi&amp;egrave;re de ne pas le faire, n&amp;eacute;e de l&apos;Histoire et de la volont&amp;eacute; de notre soci&amp;eacute;t&amp;eacute; de plus ancrer, en utilisant un vocabulaire qui a &amp;eacute;t&amp;eacute; pollu&amp;eacute; par l&apos;acceptation raciste du mot race, dans les esprits que les hommes sont diff&amp;eacute;rents physiquement et donc ce qui est diff&amp;eacute;rent de moi n&apos;est pas comme moi et donc est inf&amp;eacute;rieur &amp;agrave; moi. Je pense que, en tant qu&apos;animaux sociaux constamment port&amp;eacute;s &amp;agrave; s&apos;entretuer, cette convention n&apos;est pas qu&apos;un confort, n&apos;est pas hypocrite, mais une n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; absolue pour pouvoir vivre ensemble &amp;agrave; l&apos;&amp;eacute;chelle mondiale et inter-civilisationnelle. Donc, les biologistes du XIXe ayant donn&amp;eacute; au mot race l&apos;acceptation m&amp;eacute;prisante, haineuse, raciste qu&apos;il a aujourd&apos;hui, les biologistes d&apos;aujourd&apos;hui ne peuvent pas l&apos;ignorer.&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;Je pense qu&apos;aujourd&apos;hui le mouvement de certains biologistes qui veulent d&amp;eacute;montrer &amp;agrave; nouveau l&apos;existence de races rel&amp;egrave;ve d&apos;un double mouvement de r&amp;eacute;action &amp;agrave; la mondialisation et d&apos;oubli (plus ou moins volontaire) des d&amp;eacute;rives pass&amp;eacute;es. Je consid&amp;egrave;re cette attitude extr&amp;ecirc;mement n&amp;eacute;faste et dangereuse, car, comme je le dis, les sciences sont asservies &amp;agrave; l&apos;id&amp;eacute;ologie, donc je consid&amp;egrave;re que ces biologistes adoptent les id&amp;eacute;ologies racistes et nazies.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;On le voit: ma position est qu&apos;il existe un primat de l&apos;humain sur la nature puisque la d&amp;eacute;finition de la nature varie dans le temps et a chang&amp;eacute; dans l&apos;Histoire. Notre vision d&apos;une nature s&amp;eacute;par&amp;eacute;e des hommes qui se doivent de la contr&amp;ocirc;ler et de la mettre au service de l&apos;homme date du XIXe s. (&amp;eacute;labor&amp;eacute;e l&amp;agrave; encore dans l&apos;Empire britannique). Avant, la nature comme l&apos;homme &amp;eacute;taient l&apos;oeuvre de Dieu et Dieu avait mis l&apos;homme au centre de celle-ci pour y trouver la voie entre le Bien et le Mal (Renaissance). Avant encore, la nature &amp;eacute;tait l&apos;oeuvre de Dieu mais tout comme l&apos;homme elle avait &amp;eacute;t&amp;eacute; souill&amp;eacute;e par le p&amp;eacute;ch&amp;eacute; originelle. Avant encore, la nature &amp;eacute;tait l&apos;oeuvre des dieux et l&apos;homme y avait une place pr&amp;eacute;pond&amp;eacute;rante en tant que seul animal dou&amp;eacute; de raison. De fait, les sciences dites &amp;quot;naturelles&amp;quot; qui pr&amp;eacute;tendent &amp;eacute;noncer des v&amp;eacute;rit&amp;eacute;s se trompent car ces v&amp;eacute;rit&amp;eacute;s sont humaines, donc pas plus vraies que n&apos;importe qu&apos;elle pens&amp;eacute;e. &lt;br /&gt;&lt;div class=&quot;im&quot;&gt;&lt;br /&gt;Les questions de B. m&apos;ont conduit &amp;agrave; relire des n&amp;deg; de &lt;i&gt;L&apos;Histoire&lt;/i&gt; consacr&amp;eacute;s aux origines de l&apos;homme, au racisme dans l&apos;Histoire, etc. J&apos;ai remarqu&amp;eacute; au passage que les g&amp;eacute;n&amp;eacute;ticiens et les pal&amp;eacute;o-anthropologues ne sont pas d&apos;accord sur les origines de &lt;i&gt;Homo sapiens&lt;/i&gt;. Pour les g&amp;eacute;n&amp;eacute;ticiens, &lt;i&gt;Homo sapiens&lt;/i&gt; est apparu tr&amp;egrave;s r&amp;eacute;cemment en Afrique, vers 200 000 ans. La conclusion qu&apos;ils induisent alors est que cette nouvelle population originelle aurait quitt&amp;eacute; l&apos;Afrique et aurait remplac&amp;eacute;, partout o&amp;ugrave; elle arrivait, toutes les populations existantes, sans m&amp;eacute;tissage. C&apos;est le mod&amp;egrave;le &lt;i&gt;Out of Africa&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;Mais les pal&amp;eacute;o-anthropologues r&amp;eacute;futent ce mod&amp;egrave;le. 1) L&apos;arch&amp;eacute;ologie montre qu&apos;il n&apos;existe pas de rupture, qu&apos;elle est continue partout, en Europe, en Asie, en Afrique. Aucune trace d&apos;arriv&amp;eacute;e massive de population qui puisse remplacer &lt;i&gt;Homo erectus&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;ergaster&lt;/i&gt;. 2) Dans plusieurs r&amp;eacute;gions du monde, l&apos;Afrique orientale et australe, l&apos;Afrique du Nord-Ouest, l&apos;Extr&amp;egrave;me-Orient, ils observent une continuit&amp;eacute; morphologique, anatomique entre les hommes qu&apos;on appelle &amp;quot;erectus&amp;quot; et ceux qu&apos;on appelle &amp;quot;sapiens.&amp;quot; Ainsi certains hommes sont m&amp;ecirc;me de type &lt;i&gt;erectus &lt;/i&gt;mais d&amp;eacute;j&amp;agrave; un peu &lt;i&gt;sapiens &lt;/i&gt;tandis que d&apos;autres sont &lt;i&gt;sapiens &lt;/i&gt;mais encore un peu &lt;i&gt;erectus&lt;/i&gt;.&amp;nbsp; Pour eux, le passage de &lt;i&gt;Homo erectus&lt;/i&gt; &amp;agrave; &lt;i&gt;Homo sapiens&lt;/i&gt; puis &amp;agrave; &lt;i&gt;sapiens sapiens &lt;/i&gt;s&apos;est fait progressivement selon un processus &amp;eacute;volutif classique qui s&apos;est d&amp;eacute;roul&amp;eacute; sur tous les continents - sauf en Europe isol&amp;eacute;e g&amp;eacute;ographiquement &amp;agrave; cause des glaciations o&amp;ugrave; le processus aboutit &amp;agrave; Neandertal et sur l&apos;&amp;icirc;le de Java, autre isolat g&amp;eacute;ographique, o&amp;ugrave; d&apos;ailleurs les deux types se sont &amp;eacute;teints. Les pal&amp;eacute;o-anthropologues ne parlent m&amp;ecirc;me plus d&apos;esp&amp;egrave;ces diff&amp;eacute;rentes mais de stades ou de grades dans l&apos;&amp;eacute;volution. Ils se demandent m&amp;ecirc;me si le passage d&apos;&lt;i&gt;Homo&lt;/i&gt; &lt;i&gt;abilis &lt;/i&gt;&amp;agrave; &lt;i&gt;Homo ergaster&lt;/i&gt; n&apos;a pas proc&amp;eacute;d&amp;eacute; pareillement. &lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;Lorsqu&apos;ils parlent de processus &amp;eacute;volutif classiques, ils en expliquent ainsi les ressorts: les hommes s&apos;adaptent au milieu dans lequel ils vivent de mani&amp;egrave;re physiologique mais aussi en &amp;eacute;laborant une culture (c&apos;ad un ensemble de connaissances et de techniques qui sont ensuite transmises) particuli&amp;egrave;re. Or, &amp;agrave; partir o&amp;ugrave; il d&amp;eacute;veloppe des outils, des techniques, o&amp;ugrave; il change de mode d&apos;existence, l&apos;homme influe sur son &amp;eacute;volution biologique. &amp;quot;Je me demande si le doux continuum &lt;i&gt;Habilis-Ergaster-Erectus-&lt;wbr&gt;&lt;/wbr&gt;Sapiens&lt;/i&gt; ne porte pas la marque d&apos;une &lt;u&gt;r&amp;eacute;troaction de la culture sur l&apos;&amp;eacute;volution biologique&lt;/u&gt;. Quels peuvent en &amp;ecirc;tre les m&amp;eacute;canismes? Nous ne les connaissons pas vraiment. Nous pouvons dire que l&apos;environnement et la culture ont fait l&apos;homme, mais nous ne savons pas vraiment ce qu&apos;il s&apos;est pass&amp;eacute;.&amp;quot; (Y. Coppens, entretien &amp;agrave; L&apos;Histoire, n&amp;deg; 293. Je souligne.)&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;Donc, pour Coppens, pas de fronti&amp;egrave;re pr&amp;eacute;cise entre les diff&amp;eacute;rentes esp&amp;egrave;ces humaines! Evidemment, &amp;quot;les g&amp;eacute;n&amp;eacute;ticiens ne sont pas d&apos;accord. Pour eux, il y a rupture, au moins concernant Sapiens, qui serait une nouvelle esp&amp;egrave;ce, apparue &amp;agrave; un moment donn&amp;eacute; en raison de quelques mutations ou changements dans le fonctionnement de certains g&amp;egrave;nes. Un premier g&amp;egrave;ne candidat a &amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;couvert. Il est impliqu&amp;eacute; dans des troubles du langage.&amp;quot; (Olivier Postel-Vinay, m&amp;ecirc;me source.)&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;On le voit, tout d&amp;eacute;pend de ce qu&apos;on appelle un humain. Les Grecs pensaient qu&apos;il &amp;eacute;tait le seul &amp;ecirc;tre dou&amp;eacute; de raison. Linn&amp;eacute; a repris cette d&amp;eacute;finition pour cr&amp;eacute;er l&apos;appellation &amp;quot;Homo.&amp;quot; Or, les primatologues ont d&amp;eacute;couvert des chez les chimpanz&amp;eacute;s les podromes de l&apos;intelligence, des facult&amp;eacute;s linguistiques et m&amp;ecirc;me une conscience morale (refus de l&apos;inceste). Il ne nous resterait, selon la d&amp;eacute;finition grecque, que la religion comme &amp;eacute;tant le propre de l&apos;homme... Finalement, Kubrick avait vu juste dans &lt;i&gt;2001. L&apos;Odyss&amp;eacute;e de l&apos;espace&lt;/i&gt;.&lt;div class=&quot;im&quot;&gt;&lt;br /&gt;    Or, &amp;quot;les points de vue du pal&amp;eacute;ontologue et du g&amp;eacute;n&amp;eacute;ticien peuvent se rejoindre&amp;quot; (m&amp;ecirc;me source) avec le cerveau, &amp;quot;vecteur central de l&apos;&amp;eacute;volution. Tout le monde s&apos;accorde sur ce point: par des voies obscures, notre singularit&amp;eacute; a surgi d&apos;une hypertrophie du cortex pr&amp;eacute;frontal&amp;quot; qui nous permet d&apos;&amp;ecirc;tre &amp;quot;l&apos;esp&amp;egrave;ce symbolique&amp;quot; (Terrence Deacon, neurobiologiste am&amp;eacute;ricain auteur d&apos;un &lt;i&gt;The Symbolic Species. The Co-Evolution of Language and the Brain&lt;/i&gt; au titre &amp;eacute;vocateur), une esp&amp;egrave;ce capable d&apos;agencer des r&amp;eacute;seaux de symboles abstraits. Pour le biochimiste anglais Charles Pasternak, la croissance c&amp;eacute;r&amp;eacute;brale a fait exploser le comportement exploratoire (&lt;i&gt;quest&lt;/i&gt;) existant chez tout animal. Il d&amp;eacute;finit un continuum qui va de la recherche de la nourriture &amp;agrave; la recherche de la v&amp;eacute;rit&amp;eacute; (&lt;i&gt;Quest. The Essence of Humanity&lt;/i&gt;). En d&apos;autres termes, l&apos;humain se d&amp;eacute;finit par sa n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; de trouver des explications. Les Grecs avaient raison en un sens: la religion est le propre de l&apos;homme. Or, il se trouve que Neandertal partageait ces traits. Il n&apos;a pas pu aller aussi loin que &lt;i&gt;Sapiens&lt;/i&gt;, mais on ne sait pas ce qu&apos;il aurait donn&amp;eacute; s&apos;il avait pu continuer d&apos;&amp;eacute;voluer.&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;im&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot; class=&quot;im&quot;&gt;***&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;im&quot;&gt;&lt;br /&gt;De tout cela ressort dans mon esprit ce nouvel humanisme que je m&apos;essaie (allez! m&amp;ecirc;me si je m&apos;y refusais jusqu&apos;&amp;agrave; maintenant, ayant l&apos;impression de ne pas &amp;ecirc;tre encore suffisamment au point) de d&amp;eacute;finir. &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;L&apos;&amp;ecirc;tre humain est donc le fruit d&apos;une &amp;eacute;volution aux m&amp;eacute;canismes encore mal compris mais qui a deux causes: l&apos;adaptation &amp;agrave; l&apos;environnement et la culture qu&apos;il a su d&amp;eacute;velopper gr&amp;acirc;ce, notamment &amp;agrave; son anomalie (par rapport aux autres animaux) du cortex pr&amp;eacute;frontal d&amp;eacute;velopp&amp;eacute; (Terrence Deacon). Cette &amp;eacute;volution s&apos;est faite par un m&amp;eacute;lange g&amp;eacute;n&amp;eacute;tique entre plusieurs esp&amp;egrave;ces ou stades de l&apos;&amp;eacute;volution et a aboutit &amp;agrave; Homo sapiens sapiens (Yves Coppens). La caract&amp;eacute;ristique qui d&amp;eacute;finit l&apos;humain est qu&apos;il cherche du sens, que son comportement exploratoire est sans fin (Charles Pasternak). De fait, il complexifie ses modes de pens&amp;eacute;es, ses soci&amp;eacute;t&amp;eacute;s toujours et encore. Il d&amp;eacute;veloppe une culture (des connaissances, des techniques qu&apos;il transmet ensuite &amp;agrave; sa descendance). Pendant longtemps, les diff&amp;eacute;rentes populations d&apos;humains &amp;eacute;taient s&amp;eacute;par&amp;eacute;es les unes des autres et chacune a pu d&amp;eacute;velopper des caract&amp;eacute;ristiques g&amp;eacute;n&amp;eacute;tiques propres (cr&amp;eacute;ant ainsi des g&amp;eacute;notypes). Mais, la culture &amp;eacute;tant aussi importante que l&apos;environnement pour expliquer ces &amp;eacute;volutions parall&amp;egrave;les, on peut dire qu&apos;elles sont toutes le r&amp;eacute;sultat d&apos;une humanit&amp;eacute; universelle. Partout, les hommes ont d&amp;eacute;velopp&amp;eacute; des m&amp;ecirc;mes structures soci&amp;eacute;tales, partout ils ont fait en sorte de se reproduire &amp;agrave; l&apos;ext&amp;eacute;rieur du groupe familial, etc. Les hommes se d&amp;eacute;finissent donc bien par une m&amp;ecirc;me propension &amp;agrave; raisonner avec des r&amp;eacute;seaux de symbole et par leurs communes structures de pens&amp;eacute;es (L&amp;eacute;vy-Strauss). Il n&apos;y a donc pas de race, car le mot race d&amp;eacute;signe des populations diff&amp;eacute;rentes et hi&amp;eacute;rarchis&amp;eacute;es &amp;agrave; cause de ce que les biologistes ont fait au XIXe.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;En Europe, du fait d&apos;une bonne thalassographie articul&amp;eacute;e (David Cosandey, docteur en physique th&amp;eacute;orique, a fait para&amp;icirc;tre en 1997 un essai &amp;agrave; la fois audacieux et braud&amp;eacute;lien &lt;i&gt;Le Secret de l&apos;Occident. Vers une th&amp;eacute;orie g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale du progr&amp;egrave;s scientifique&lt;/i&gt;), les Europ&amp;eacute;ens ont pu d&amp;eacute;velopp&amp;eacute; des Etats puissants (masse continentale suffisante) et en m&amp;ecirc;me temps se sont lanc&amp;eacute;s vers l&apos;exploration de mani&amp;egrave;re naturelle (&lt;i&gt;questive mind&lt;/i&gt; + bon trac&amp;eacute; des c&amp;ocirc;tes qui r&amp;eacute;sulte en la cr&amp;eacute;ation de bonnes techniques maritimes). Les Europ&amp;eacute;ens sont alors entr&amp;eacute;s en contact avec les autres groupes humains diff&amp;eacute;rents d&apos;eux qui avaient eux aussi d&amp;eacute;velopp&amp;eacute; leur propre syst&amp;egrave;me de pens&amp;eacute;e explicative (diff&amp;eacute;rentes religions). Cette diff&amp;eacute;rence (physique, mentale) fut insupportable et l&apos;homme est aussi un animal dominateur. De fait, les Europ&amp;eacute;ens se sont servis de leur avance technologique (h&amp;eacute;rit&amp;eacute;e de leur thalassographie articul&amp;eacute;e qui fait que leurs Etats s&apos;&amp;eacute;taient faits la guerre en permanence et avaient donc d&amp;eacute;velopp&amp;eacute; des armes redoutables) et de leur caract&amp;eacute;ristique g&amp;eacute;n&amp;eacute;tique propre (meilleure r&amp;eacute;sistance aux maladies du fait d&apos;une plus grande proximit&amp;eacute; avec les esp&amp;egrave;ces animales et d&apos;une plus grande densit&amp;eacute; humaine, l&amp;agrave; encore li&amp;eacute;es au continent) pour massacrer, dominer les autres populations avec lesquelles ils entraient en contact (Jared Diamond, &lt;i&gt;Steel and Guns&lt;/i&gt;), justifiant ceci gr&amp;acirc;ce &amp;agrave; leur propres constructions symboliques/ questives (nous sommes chr&amp;eacute;tiens donc Dieu est avec nous au Moyen Age et &amp;agrave; la Renaissance, nous sommes d&apos;une race sup&amp;eacute;rieure/ plus civilis&amp;eacute;e vu qu&apos;ils sont diff&amp;eacute;rents de nous pour la colonisation au XIXe). Cette construction symbolique a &amp;eacute;t&amp;eacute; pouss&amp;eacute;e &amp;agrave; son comble avec les nazis qui ont cherch&amp;eacute; &amp;agrave; justifier leur sup&amp;eacute;riorit&amp;eacute; en trouvant une origine mythique &amp;agrave; leur groupe (exactement comme les Fran&amp;ccedil;ais ou les Anglais le faisaient avec leur propre royaut&amp;eacute; ou m&amp;ecirc;me leur peuple d&apos;o&amp;ugrave; &amp;eacute;tait issu la dynastie royale) et en niant l&apos;humanit&amp;eacute; de groupes identifi&amp;eacute;s comme dangereux (car ayant d&amp;eacute;velopp&amp;eacute; d&apos;autres constructions symboliques et d&apos;autres &amp;eacute;volutions physiologiques). L&apos;humanit&amp;eacute; a donc toujours chercher &amp;agrave; nier son universalit&amp;eacute; &amp;agrave; cause de cette m&amp;ecirc;me universalit&amp;eacute; de pens&amp;eacute;e symbolique qui l&apos;a amen&amp;eacute;e &amp;agrave; construire diff&amp;eacute;rents syst&amp;egrave;mes symboliques!&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Ainsi, la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; europ&amp;eacute;enne aujourd&apos;hui s&apos;est construite &amp;agrave; partir des fondations d&apos;Auschwitz et de la Shoah (Tony Judt). Tout son syst&amp;egrave;me de valeurs vient de l&amp;agrave;, mais ce n&apos;est pas le cas pour les autres soci&amp;eacute;t&amp;eacute;s/ civilisations. De fait, elles sont en concurrence par la mondialisation. (Ce qui explique pourquoi les Europ&amp;eacute;ens veulent absolument que les Turcs reconnaissent le g&amp;eacute;nocide arm&amp;eacute;nien pour pouvoir pr&amp;eacute;tendre &amp;ecirc;tre Europ&amp;eacute;ens, alors que depuis le Moyen Age, les Turcs sont des Europ&amp;eacute;ens.)&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Car aujourd&apos;hui, la mondialisation, ce mouvement d&apos;&amp;eacute;changes acc&amp;eacute;l&amp;eacute;r&amp;eacute;s qui met en contact des populations, des espaces jusqu&apos;alors s&amp;eacute;par&amp;eacute;s pour cr&amp;eacute;er un espace commun &amp;agrave; toute l&apos;humanit&amp;eacute; &amp;agrave; l&apos;&amp;eacute;chelle mondiale (Brunet) o&amp;ugrave; aucun lieu ne peut fonctionner sans les autres, change le rapport des hommes entre eux et le rapport des hommes au Monde. Les hommes ne peuvent plus pr&amp;eacute;tendre &amp;agrave; la domination des autres groupes humains. Les diff&amp;eacute;rents espaces sont devenus inextricables. De fait, nos constructions symboliques (litt&amp;eacute;rature, religion, sciences...) ne peuvent plus &amp;ecirc;tre &amp;eacute;labor&amp;eacute;es de mani&amp;egrave;re nationale ou intra-civilisationnelle, mais doivent &amp;ecirc;tre construites &amp;agrave; l&apos;&amp;eacute;chelle du monde. C&apos;est que que Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau appelle le Tout-Monde. &amp;quot;Nous sommes sortis des verticalit&amp;eacute;s orgueilleuses&amp;quot; (Patrick Chamoiseau, conf&amp;eacute;rence au festival Etonnants Voyageurs, Saint-Malo, 2009).&lt;div class=&quot;im&quot;&gt;&lt;br /&gt;  Est-ce possible? Les hommes peuvent-ils construire ensemble un nouveau rapport entre eux et au reste du monde, eux qui se sont toujours affront&amp;eacute;s, qui ont toujours oppos&amp;eacute;s leurs propres constructions symboliques, leurs propres &amp;eacute;volutions?&lt;/div&gt;Pour P. Chamoiseau, c&apos;est la cr&amp;eacute;olisation, c&apos;est-&amp;agrave;-dire la mise en conjonction acc&amp;eacute;l&amp;eacute;r&amp;eacute;e, brutale de plusieurs r&amp;eacute;gions du monde, qui nous permet de penser que les diff&amp;eacute;rentes constructions symboliques humaines peuvent se rejoindre. C&apos;est ce qu&apos;il s&apos;est pass&amp;eacute; dans les Antilles. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Pour Edouard Glissant, c&apos;est une opportunit&amp;eacute; sans pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dent: c&apos;est la premi&amp;egrave;re fois que les humains doivent inventer eux-m&amp;ecirc;mes leur &amp;eacute;thique et leur morale (leur construction symbolique). Face au d&amp;eacute;litement des valeurs absolues et universelles europ&amp;eacute;ennes que les Europ&amp;eacute;ens arrivaient &amp;agrave; imposer par leur domination militaro-politique-&amp;eacute;conomique jusqu&apos;alors, on voit le retour des communautarismes, des intol&amp;eacute;rances, des fanatismes, des fondamentalismes et des racismes qui s&apos;infiltrent dans les br&amp;egrave;ches et les craquelures de cette domination occidentale en d&amp;eacute;clin. Face &amp;agrave; cela, Edouard Glissant dit qu&apos;il existe en chaque homme, en chaque individu, une &amp;quot;intuition de la jubilation du Monde&amp;quot; (ce qui correspond &amp;agrave; l&apos;esprit symbolique et au &lt;i&gt;questive mind&lt;/i&gt;) malgr&amp;eacute; toutes les pauvret&amp;eacute;s, les in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s dues &amp;agrave; la mondialisation. Cette intuition, c&apos;est ce qu&apos;il appelle la &amp;quot;po&amp;eacute;tique du monde.&amp;quot; C&apos;est le seul recours pour penser le monde. Chamoiseau dit que c&apos;est le sens de la beaut&amp;eacute;. Ainsi, l&apos;humanit&amp;eacute; commune, c&apos;est Lascaux et les peintures rupestres d&apos;Australie, c&apos;est l&apos;&lt;i&gt;Iliade&lt;/i&gt;, c&apos;est les cath&amp;eacute;drale et les mosqu&amp;eacute;es, c&apos;est &lt;i&gt;Don Quichotte&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Tao &lt;/i&gt;ou le&lt;i&gt; Mahabharata&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt; &lt;div&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;im&quot;&gt;Tous deux militent alors pour passer de la po&amp;eacute;tique &amp;agrave; la politique qui doit se d&amp;eacute;finir comme la mise en oeuvre strat&amp;eacute;gique de la po&amp;eacute;tique, c&apos;ad faire en sorte que la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; humaine mondialis&amp;eacute;e se construise &amp;agrave; travers ce m&amp;ecirc;me rapport symbolique au monde. Dans cette optique, les arts doivent et ont une dimension fondatrice.&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;im&quot;&gt;&lt;br /&gt;Soit on arrive &amp;agrave; donner du sens &amp;agrave; la mondialisation par la po&amp;eacute;tique (&amp;agrave; faire de la politique donc), soit on bascule dans la peur de la mondialisation et dans la haine qui justifieront les guerres &amp;agrave; venir pour l&apos;acc&amp;egrave;s aux ressources. Ce ne sera plus la th&amp;eacute;orie de l&apos;espace vital mais la th&amp;eacute;orie des sources d&apos;&amp;eacute;nergies vitales et la ma&amp;icirc;trise des territoires qui leur correspondent. Or, pour le moment, la mondialisation n&apos;a de sens qu&apos;&amp;eacute;conomique. La politique ne se d&amp;eacute;finit qu&apos;&amp;eacute;conomiquement (on l&apos;a vu avec la crise en 2008-2009 lorsque les politiques ne se pr&amp;eacute;occupaient que de sauver les banques pour ensuite m&amp;eacute;priser les revendications de leurs populations). &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Pour cela, il faut retrouver l&apos;esprit des origines. Il faut prendre conscience que l&apos;on partage tous le d&amp;eacute;sir de donner sens. Chaque groupe humain a propos&amp;eacute; son mythe, sa construction symbolique qui expliquait comment il voyait son lieu, qui lui permettait de vivre avec l&apos;inexplicable. Aujourd&apos;hui, il s&apos;agit de proposer un mythe &amp;agrave; l&apos;&amp;eacute;chelle mondiale.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Or, ce mythe, Edouard Glissant propose comme base: &amp;quot;&lt;strong&gt;rien n&apos;est vrai, tout est vivant.&lt;/strong&gt;&amp;quot; Chamoiseau rench&amp;eacute;rit et voit la &amp;quot;n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; de retourner dans la biologie, car la po&amp;eacute;tique du vivant permet de voir la complexit&amp;eacute; du monde.&amp;quot; C&apos;est pour lui la beaut&amp;eacute;. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Cette beaut&amp;eacute; a donn&amp;eacute; &amp;agrave; l&apos;humain (Sapiens et Neandertal) la conscience: l&apos;angoisse de la mort, la terreur mais aussi l&apos;&amp;eacute;merveillement devant la pl&amp;eacute;nitude et le caract&amp;egrave;re &amp;eacute;ph&amp;eacute;m&amp;egrave;re de ce qui vit, de ce qui est. C&apos;est cette capacit&amp;eacute; symbolique, cet esprit de qu&amp;ecirc;te, qui fait que l&apos;homme cherche la beaut&amp;eacute; et c&apos;est cette recherche permanente qui lui permet d&apos;&amp;ecirc;tre proche du vivant. En cela, le retour du darwinisme est positif car il nous montre que les hommes sont connect&amp;eacute;s aux autres formes de vie. L&apos;&amp;eacute;mergence des hommes et l&apos;&amp;eacute;volution humaine entrent dans un processus g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral de complexification du monde. L&apos;homme n&apos;est pas une exception: son &amp;eacute;volution, sa place dans le monde est le r&amp;eacute;sultat, diff&amp;eacute;rent mais proc&amp;eacute;dant d&apos;un m&amp;ecirc;me processus pour toute forme de vie, d&apos;une complexification g&amp;eacute;n&amp;eacute;ralis&amp;eacute;e de la mati&amp;egrave;re dans l&apos;Univers (les multivers?). Ce mouvement, qui va du Big Bang &amp;agrave; Hom&amp;egrave;re, Shakespeare, &lt;i&gt;Little, Big&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Blade Runner&lt;/i&gt;... &amp;agrave; moi, est valable pour tout. Dans le cas de la Terre, la mati&amp;egrave;re est devenue vivante, dans le cas de l&apos;humain, la mati&amp;egrave;re est devenue vivante et pensante, consciente... Et c&apos;est le m&amp;ecirc;me mouvement qui va se poursuivre. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Le comprendre en tant qu&apos;humains, c&apos;est chercher &amp;agrave; lui donner sens; lui donner sens, c&apos;est chercher voir la beaut&amp;eacute; de ce monde, la beaut&amp;eacute; de cette complexit&amp;eacute;. Ce n&apos;est pas &amp;quot;beau&amp;quot;, car le beau n&apos;est que &amp;quot;l&apos;harmonie des semblables&amp;quot; qui conduit &amp;agrave; la st&amp;eacute;rilit&amp;eacute; (ainsi que nous le montre la biologie avec le clonage). C&apos;est qu&apos;on peut &amp;eacute;tudier. C&apos;est la &amp;quot;beaut&amp;eacute;&amp;quot; dont on a besoin, c&apos;est-&amp;agrave;-dire l&apos;accord des diff&amp;eacute;rences, ce que l&apos;on ne peut que deviner. C&apos;est avec elle que l&apos;on pourra r&amp;eacute;pondre &amp;agrave; la n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; de faire le Monde comme on fait une oeuvre d&apos;art: un acte de cr&amp;eacute;ation (symbolique), un acte d&apos;autorit&amp;eacute; (politique), un acte magique (donner du sens). Mais cette fois, contrairement aux si&amp;egrave;cles pass&amp;eacute;s, nulle excuse d&apos;un ou de dieu(x), mais l&apos;homme comme cr&amp;eacute;ateur, tous les hommes qui partagent cette capacit&amp;eacute; d&apos;intuition de la beaut&amp;eacute;.</description>
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  <pubDate>Mon, 28 Dec 2009 12:00:10 GMT</pubDate>
  <title>Rêve (XIII)</title>
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  <description>&lt;a href=&quot;http://www.deviantart.com/deviation/49319626/&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://th01.deviantart.net/fs38/150/f/2008/355/d/7/d7d7bbcf1800851b50f8c887d9f52f6e.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Moment Suspended In Time&lt;/a&gt; by *&lt;a href=&quot;http://angelreich.deviantart.com/&quot;&gt;angelreich&lt;/a&gt; on &lt;a href=&quot;http://www.deviantart.com/&quot;&gt;deviantART&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ca faisait longtemps, et J. avec le r&amp;eacute;cit de son r&amp;ecirc;ve m&apos;y a refait pens&amp;eacute;:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a quelques nuits, j&apos;ai r&amp;ecirc;v&amp;eacute; que je commandais un escadron de la mort (uniformes kaki fonc&amp;eacute;, cr&amp;acirc;nes...) et que, sous les ordres de F., nous &amp;eacute;tions charg&amp;eacute;s de l&apos;&amp;eacute;vacuation du ghetto de Bucarest, Roumanie. D&amp;eacute;cor de boue grise, de flaques d&apos;eau, ciel lourd, immeubles d&amp;eacute;truis aux fa&amp;ccedil;ades marrons. Je viens prendre mes ordres aupr&amp;egrave;s de Florent (je ne me souviens plus de ce qu&apos;il me dit) puis je fais un signe &amp;agrave; ma colonne pour qu&apos;elle rentre dans le ghetto. Je les suis.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;R&amp;eacute;veil.</description>
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  <pubDate>Sun, 27 Dec 2009 20:44:53 GMT</pubDate>
  <title>Le Monde de demain, Livre I, chapitre 1 (fin)</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/24133.html</link>
  <description>  &lt;lj-embed id=&quot;55&quot; /&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;Lieux hant&amp;eacute;s&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&amp;quot;Les attaques du 11 septembre n&apos;&amp;eacute;taient qu&apos;une tentative, par des monstres mill&amp;eacute;naires emprisonn&amp;eacute;s dans les r&amp;ecirc;ves collectifs de l&apos;humanit&amp;eacute; de revenir dans ce monde apr&amp;egrave;s des si&amp;egrave;cles de sommeil en se nourrissant de la peur et de la terreur des hommes qui est encourag&amp;eacute;e par nos chefs politiques pour leurs propres objectifs mesquins.&amp;quot;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Je souris. Je suis saoul, ou en passe de l&apos;&amp;ecirc;tre. Aussi souris-je d&apos;un sourire carnassier &amp;agrave; la ravissante et app&amp;eacute;tissante jeune fille en face de moi, assise dans un box du Chrysalis, alors que je prononce ma phrase rituelle &amp;agrave; moiti&amp;eacute; couverte par le vacarme de la musique &amp;eacute;lectronique. Mes amis, qui discutaient et riaient et buvaient, s&apos;arr&amp;ecirc;tent brusquement et me regardent avec des expressions choqu&amp;eacute;es, comme si une pustule rouge avait pouss&amp;eacute; sur mon nez.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Elle rie, montrant ses dents blanches, disant que j&apos;ai un merveilleux sens de l&apos;humour. Les autres rient aussi, un rire creux dont l&apos;&amp;eacute;cho r&amp;eacute;sonne dans les tr&amp;eacute;fonds de la caverne b&amp;eacute;ante que je porte en moi. Si je voulais me bercer d&apos;illusions, je mettrais cette sensation sur le compte de l&apos;alcool. Mais, &amp;eacute;trangement, l&apos;alcool me laisse suffisamment lucide pour savoir exactement ce dont il s&apos;agit.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Je devrais m&apos;estimer heureux. D&apos;habitude, quand, apr&amp;egrave;s un effort consid&amp;eacute;rable de volont&amp;eacute;, je prononce cette phrase avec l&apos;emphase d&apos;un proph&amp;egrave;te antique, les gens se contentent de me regarder de mani&amp;egrave;re incr&amp;eacute;dule. Les gens n&apos;aiment pas que quelqu&apos;un dise la v&amp;eacute;rit&amp;eacute; sur l&apos;&amp;eacute;tat du monde et sur ce qu&apos;il s&apos;est pass&amp;eacute; en ce jour funeste. L&amp;agrave;, au moins, ils rient.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Mais je ne plaisante pas. J&apos;aurai aim&amp;eacute;, certes, m&amp;ecirc;me si mon sens de l&apos;humour aurait &amp;eacute;t&amp;eacute; alors un poil macabre. Je devrais, je le sens, plaisanter. Pourtant, aussi ridicule cette phrase sonne-t-elle &amp;agrave; mes oreilles, je sais que je dis vrai, me rendant compte en m&amp;ecirc;me temps que nul n&apos;&amp;eacute;coute de telles &amp;eacute;lucubrations. N&apos;&amp;eacute;tait-ce pas Cassandre qui, maudite par Apollon, &amp;eacute;tait oblig&amp;eacute;e de dire la v&amp;eacute;rit&amp;eacute; sans que personne ne la cro&amp;icirc;t? Quant &amp;agrave; moi, je sombre dans les affres du gin pour pouvoir, au moins une fois, dire la v&amp;eacute;rit&amp;eacute;.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Quoiqu&apos;il en soit, je sens que je suis oblig&amp;eacute; de continuer, pouss&amp;eacute; par la m&amp;ecirc;me force qui m&apos;a contraint &amp;agrave; prononcer cette phrase. Une force ext&amp;eacute;rieure &amp;agrave; moi ou trop int&amp;eacute;rieure pour que je puisse la percevoir comme faisant partie de moi.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;quot;Je ne plaisante pas. J&apos;&amp;eacute;tais l&amp;agrave; quand c&apos;est arriv&amp;eacute;,&amp;quot; ajout&amp;eacute;-je, sachant pertinemment que je me grille, maudissant int&amp;eacute;rieurement cette pulsion quelque peu &amp;eacute;thylique qui me pousse &amp;agrave; aller jusqu&apos;au bout.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Face &amp;agrave; moi, ni elle ni mes amis ne rient plus. Je leur adresse une grimace embarrass&amp;eacute;e.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;quot;Hum, en fait, juste apr&amp;egrave;s. Quoiqu&apos;il en soit, mes amis et moi avons emp&amp;ecirc;ch&amp;eacute; ces monstres de revenir dans notre monde et ainsi de pouvoir plonger la Terre dans un cauchemar permanent pendant le prochain mill&amp;eacute;naire.&amp;quot;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Je peux sentir leur g&amp;ecirc;ne depuis ma place. Elle est quasi-palpable, &amp;eacute;paisse et envahissante. Je la comprends aussi. Je sens qu&apos;ils commencent &amp;agrave; me trouver &amp;eacute;nervant, voire &amp;agrave; me d&amp;eacute;tester, &amp;eacute;tant celui qui les ram&amp;egrave;ne &amp;agrave; la r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, une r&amp;eacute;alit&amp;eacute; trop &amp;eacute;trange pour pouvoir l&apos;accepter. Voil&amp;agrave; le paradoxe de ce nouvel &amp;acirc;ge dans lequel le monde est entr&amp;eacute;, pens&amp;eacute;-je: tout le monde est si prompt &amp;agrave; s&apos;&amp;eacute;vader, &amp;agrave; r&amp;ecirc;ver d&apos;&amp;eacute;chapper &amp;agrave; la triste r&amp;eacute;alit&amp;eacute; et, ce faisant, nourrit cette angoisse collective qui est la plaie de ce monde. Je sens leur peur. Ils suent litt&amp;eacute;ralement la peur. D&amp;eacute;go&amp;ucirc;t&amp;eacute; (par quoi? leur hostilit&amp;eacute;? leur refus de croire?), je quitte la table en leur murmurant un bref &amp;quot;au revoir&amp;quot; &amp;eacute;touff&amp;eacute;.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; En sortant du Chrysalis, j&apos;adresse un hochement de t&amp;ecirc;te &amp;agrave; Paul, le videur tout en allumant une nouvelle cigarette. La bruine n&apos;a pas cess&amp;eacute;. A peine ai-je fait quelques dizaines de m&amp;egrave;tres que j&apos;entends qu&apos;on m&apos;appelle.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Me retournant, je la vois. Elle scintille sous la lumi&amp;egrave;re du r&amp;eacute;verb&amp;egrave;re, comme si sa peau exhalait sa propre luminescence. La pluie fine vient se dissoudre en lumi&amp;egrave;re en entrant de la halo blanc qui l&apos;entoure. Elle me sourit, un sourire tendre et plein de mis&amp;eacute;ricorde. Une terrible boule se noue dans ma gorge.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;quot;Automne&amp;hellip;&amp;quot; b&amp;eacute;gay&amp;eacute;-je.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Je fais un pas en avant, tendant une main tremblante vers elle. Mais alors qu&apos;elle sort du halo de lumi&amp;egrave;re du r&amp;eacute;verb&amp;egrave;re, ses traits changent, et c&apos;est le visage de la jeune fille du Chrysalis que je reconnais.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Instantan&amp;eacute;ment, je redeviens sobre. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Je devine ce qu&apos;elle veut, ce qu&apos;il pourrait se passer. Elle esquisse un pas en avant mais je me retourne et m&apos;&amp;eacute;loigne sans un mot. Mieux vaut couper court &amp;agrave; tout risque. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&amp;nbsp;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;&quot;&gt;Sur le chemin du retour, je parle &amp;agrave; Automne.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</description>
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  <pubDate>Wed, 23 Dec 2009 09:45:31 GMT</pubDate>
  <title>Le Monde de Demain/ Livre I/ chapitre I (suite)</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/23984.html</link>
  <description>  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;Un an s&apos;&amp;eacute;coula au cours duquel il chercha Automne et son fils. Sa fille. Un an plus tard, il ne savait toujours pas s&apos;il &amp;eacute;tait p&amp;egrave;re d&apos;un fils ou d&apos;une fille. A l&apos;h&amp;ocirc;pital o&amp;ugrave; Automne avait accouch&amp;eacute; dans la nuit avant ce jour fatidique, on n&apos;avait pas su lui r&amp;eacute;pondre. &amp;quot;Trop de chaos ce jour-l&amp;agrave;&amp;quot; lui r&amp;eacute;pondait-on, embarrass&amp;eacute;, en guise d&apos;explication ou d&apos;excuse. Non pas qu&apos;il leur en voulait, ni au personnel de l&apos;h&amp;ocirc;pital, ni &amp;agrave; la police &amp;ndash; tous d&amp;eacute;vou&amp;eacute;s et emplis de commis&amp;eacute;ration &amp;ndash; ni m&amp;ecirc;me au d&amp;eacute;tective priv&amp;eacute; que ses parents avaient engag&amp;eacute; pour continuer les recherches lorsque la police avait abandonn&amp;eacute; m&amp;ecirc;me si nul t&amp;eacute;moin, nul indice ne permettait de conclure qu&apos;Automne s&apos;&amp;eacute;tait bien rendue dans les tours avant les attaques.&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&amp;nbsp;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;Un an plus tard, contemplant l&apos;oc&amp;eacute;an sur une plage de Brighton, assis au milieu des herbes coupantes des dunes, il cherchait un &amp;eacute;l&amp;eacute;ment, le moindre signe qui pourrait lui donner espoir et lui &amp;eacute;viter de sombrer dans la folie. Il avait froid, le vent &amp;eacute;tait vif et transper&amp;ccedil;ait son imperm&amp;eacute;able &amp;eacute;lim&amp;eacute; pour glacer ses os mais il n&apos;osait pas boug&amp;eacute;, car il sentait qu&apos;elle &amp;eacute;tait juste &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de lui. La seule chose qu&apos;il se demandait c&apos;est de qui il s&apos;agissait: Automne ou Lilas ou Lalie? Il ne voulait pas regarder pour savoir, car il sentait d&amp;eacute;j&amp;agrave; les larmes lui monter aux yeux, m&amp;ecirc;me s&apos;il se rassurait en essayant de se convaincre que c&apos;&amp;eacute;tait seulement &amp;agrave; cause du vent. &amp;quot;Seulement le vent,&amp;quot; murmura-t-il, grelottant, les bras serr&amp;eacute;s autour de ses genoux.&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&amp;nbsp;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&amp;nbsp;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;b style=&quot;&quot;&gt;&lt;i style=&quot;&quot;&gt;Schizomorph&amp;eacute;nie&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&amp;nbsp;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;Il fixait l&apos;oc&amp;eacute;an avec l&apos;espoir peut-&amp;ecirc;tre, m&amp;ecirc;me s&apos;il s&apos;en sentait coupable, d&apos;oublier tout cela. Il avait d&amp;eacute;j&amp;agrave; cherch&amp;eacute; &amp;agrave; oublier dans l&apos;alcool. Il s&apos;y &amp;eacute;tait r&amp;eacute;fugi&amp;eacute;, s&apos;imaginant qu&apos;Apollinaire ou Baudelaire ne l&apos;auraient pas d&amp;eacute;savou&amp;eacute;. Et pourtant, c&apos;&amp;eacute;tait pire. Au bout de quelques gorg&amp;eacute;es, il avait l&apos;impression d&apos;entendre qu&apos;on l&apos;appelait, que c&apos;&amp;eacute;tait elle. Il se retournait brusquement dans la rue, cherchant fr&amp;eacute;n&amp;eacute;tiquement du regard d&apos;o&amp;ugrave; venait l&apos;appel. Mais il ne voyait que les regards interloqu&amp;eacute;s, un peu effray&amp;eacute;s, m&amp;eacute;prisants, emplis de piti&amp;eacute; des passants qui le prenaient pour le fou alcoolique qu&apos;il &amp;eacute;tait. Il en ressentait un grand vide, un isolement sans fin qui le faisait oublier jusqu&apos;&amp;agrave; son identit&amp;eacute;.&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&amp;nbsp;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;D&apos;ailleurs, il s&apos;&amp;eacute;tait rendu compte &amp;ndash; comme il se rendait compte pr&amp;eacute;sentement, sur la plage de Brighton &amp;ndash; que parfois, il oubliait des pans entiers de sa vie et m&amp;ecirc;me qu&apos;il n&apos;&amp;eacute;tait plus s&amp;ucirc;r de ses souvenirs. Ainsi, il croyait, non, il se souvenait distinctement que le jour de son retour, lorsqu&apos;il s&apos;&amp;eacute;tait rendu &amp;agrave; l&apos;h&amp;ocirc;pital pour la retrouver, ce jour-l&amp;agrave; il ne se rappelait plus de son nom. Aussi &amp;eacute;trange et improbable cela lui paraissait encore aujourd&apos;hui. &amp;quot;Automne,&amp;quot; murmura-t-il &amp;agrave; haute voix, comme pour s&apos;en convaincre lui-m&amp;ecirc;me.&lt;/p&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&amp;nbsp;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Plus troublant encore: il se souvenait tout aussi distinctement l&apos;avoir vue en arrivant dans sa chambre d&apos;h&amp;ocirc;pital, allong&amp;eacute;e, sur le lit, ses cheveux d&apos;or et de cuivre &amp;eacute;pars sur l&apos;oreiller. Parfois m&amp;ecirc;me, il avait l&apos;impression &amp;ndash; non, il &amp;eacute;tait persuad&amp;eacute; &amp;ndash; de se souvenir de son fils&amp;hellip; ou est-ce de sa fille? Et pourtant, il le savait, c&apos;&amp;eacute;tait impossible. Mais ces souvenirs, aussi irr&amp;eacute;els, aussi fluctuants, &lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&amp;eacute;taient clairement ancr&amp;eacute;s dans son esprit.&lt;/p&gt;  &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;o:p&gt;&amp;nbsp;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0.0001pt; line-height: normal;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Ainsi en &amp;eacute;tait-il venu &amp;agrave; se demander si sa m&amp;eacute;moire ne changeait pas selon son &amp;eacute;tat d&apos;esprit du moment. Parfois, c&apos;&amp;eacute;tait comme si son esprit partageait la m&amp;eacute;moire de deux personnes distinctes&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;ou si deux personnes ne partageaient pas la m&amp;ecirc;me m&amp;eacute;moire et donc la voyait diff&amp;eacute;remment. Mais alors qui &amp;eacute;taient ces deux personnes? Qu&apos;avaient-elles en commun? Qu&apos;avaient-elles de diff&amp;eacute;rent? Habitaient-elles toutes deux le m&amp;ecirc;me corps? Avait-il deux &amp;acirc;mes? (Mais il ne sentait nullement chr&amp;eacute;tien ni suffisamment croyant en aucune religion quelconque qui postulerait l&apos;existence d&apos;une telle chose que l&apos;on qualifie &amp;quot;d&apos;&amp;acirc;me.&amp;quot;)&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Et surtout, se demanda-t-il en contemplant la bouteille qu&apos;il tenait &amp;agrave; pr&amp;eacute;sent en main, comme un pilote accroch&amp;eacute; &amp;agrave; un manche &amp;agrave; balais dans un avion en perdition,&lt;span style=&quot;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;surtout, n&apos;&amp;eacute;tait-ce pas les signes qu&apos;il &amp;eacute;tait ce qu&apos;on appelait cliniquement un schizophr&amp;egrave;ne?&lt;/p&gt;</description>
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  <pubDate>Tue, 22 Dec 2009 11:32:43 GMT</pubDate>
  <title>Réflexion (II)</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/23653.html</link>
  <description>R&amp;eacute;cemment, une coll&amp;egrave;gue me faisait remarquer que les parents d&apos;un de mes &amp;eacute;l&amp;egrave;ves de 6e lui avaient fait part du d&amp;eacute;couragement que ce dernier ressentait dans mes cours et face &amp;agrave; mes &amp;eacute;valuations. Ce &amp;quot;d&amp;eacute;couragement&amp;quot; est une plaie qui hante sans cesse mes cours, notamment, cette ann&amp;eacute;e, mes classes de 5e. Je &amp;quot;d&amp;eacute;courage&amp;quot; mes &amp;eacute;l&amp;egrave;ves, vile m&amp;eacute;chant prof que je suis.   Ce reproche, je l&apos;entends souvent sous diverses formes: je suis &amp;quot;trop s&amp;eacute;v&amp;egrave;re&amp;quot; ou &amp;quot;trop exigeant&amp;quot; ou &amp;quot;trop&amp;quot; ce qu&apos;on veut.   Ultime attaque, souvent lanc&amp;eacute;e de paire: en d&amp;eacute;courageant ainsi certains de mes &amp;eacute;l&amp;egrave;ves, je les &amp;eacute;coeure de l&apos;Histoire alors qu&apos;ils aimaient cela &lt;strong&gt;avant&lt;/strong&gt;.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans nier le probl&amp;egrave;me, je m&apos;interroge: qu&apos;est-ce que ces &amp;eacute;l&amp;egrave;ves aimaient dans l&apos;Histoire?  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.inrp.fr/she/images/illustrations/erasme2.jpg&quot; style=&quot;width: 233px; height: 271px;&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt;Car enseigner l&apos;Histoire, c&apos;est enseigner une mati&amp;egrave;re qui a ses exigences. D&apos;ailleurs, on parle -- comme pour toutes les autres mati&amp;egrave;res enseign&amp;eacute;es, sauf peut-&amp;ecirc;tre de l&apos;Education civique -- de &amp;quot;discipline&amp;quot; ce qui renvoie &amp;agrave; un sens de rigueur, de m&amp;eacute;thode, d&apos;effort pour produire un discours raisonn&amp;eacute;, intelligible qui montre que son auteur proc&amp;egrave;de d&apos;un esprit critique.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me rends bien compte que ces principes doivent &amp;ecirc;tre adapt&amp;eacute;s au public auquel je m&apos;adresse, &amp;agrave; savoir les coll&amp;eacute;giens et, comme eux, moi-m&amp;ecirc;me &amp;agrave; leur &amp;acirc;ge n&apos;&amp;eacute;tais pas un mod&amp;egrave;le des qualit&amp;eacute;s sus-cit&amp;eacute;s que je leur demande ou, en tout cas, que j&apos;essaie de leur inculquer (et ne le suis pas autant que je voudrais l&apos;&amp;ecirc;tre aujourd&apos;hui). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  Il n&apos;emp&amp;ecirc;che. Je commence &amp;agrave; &amp;ecirc;tre passablement las voire &amp;eacute;nerv&amp;eacute; par ces remarques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, j&apos;exige de tout &amp;eacute;l&amp;egrave;ve, m&amp;ecirc;me de K., qu&apos;il r&amp;eacute;ponde aux questions qui lui sont pos&amp;eacute;es en &amp;eacute;crivant des phrases avec un sujet, un verbe et un compl&amp;eacute;ment, qui commence par une majuscule et finit par un point et qui ait un sens. Oui, j&apos;exige que tout &amp;eacute;l&amp;egrave;ve ait appris les connaissances n&amp;eacute;cessaires &amp;agrave; r&amp;eacute;pondre, qu&apos;elles ne lui soient pas n&amp;eacute;cessairement servies sur un plateau, qu&apos;il soit oblig&amp;eacute; d&apos;utiliser sa &lt;em&gt;m&amp;eacute;moire&lt;/em&gt;, et, enfin, oui, j&apos;exige de tout &amp;eacute;l&amp;egrave;ve qu&apos;il fournisse constamment les efforts pour atteindre ces deux pr&amp;eacute;-requis (connaissances et expression correcte) qui lui permettront de r&amp;eacute;ussir dans mes cours.   Or, pour que les dites connaissances fassent sens dans l&apos;esprit d&apos;un &amp;eacute;l&amp;egrave;ve pour qui la lecture est aussi familier que moi la pratique du saut &amp;agrave; l&apos;&amp;eacute;lastique dans les canyons am&amp;eacute;ricains (je dis &amp;ccedil;a comme &amp;ccedil;a, j&apos;aurais pu prendre plein d&apos;autres exemples), il lui faut s&apos;investir mentalement dans mes cours. Il lui faut &amp;eacute;couter et surtout, surtout, &amp;ocirc; malheur!, il lui faut apprendre ses cours sans quoi l&apos;ensemble devient une bouillie informe de donn&amp;eacute;es plus ou moins comprises, plus ou moins distinctes, dans son esprit (n&apos;est-ce pas L.?).  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aimaient-ils l&apos;Histoire? Non, ils aimaient les histoires, ce qui est tr&amp;egrave;s bien. Mais, j&apos;enseigne une discipline, je ne fais pas des s&amp;eacute;ances de lecture d&apos;histoires. J&apos;enseigne des m&amp;eacute;thodes. Donc, non, on ne joue pas en Histoire (ni en G&amp;eacute;o, soit dit en passant) m&amp;ecirc;me si mon but est rendre ces efforts, ces m&amp;eacute;thodes, ces exigences attractifs par le biais de sujets int&amp;eacute;ressants (je l&apos;esp&amp;egrave;re).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fin du coup de gueule r&amp;eacute;actionnaire, vieux jeu.</description>
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  <pubDate>Tue, 22 Dec 2009 11:01:55 GMT</pubDate>
  <title>Rêve (XII)</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/23551.html</link>
  <description>Cette nuit, je r&amp;ecirc;ve que je remarque une &amp;eacute;trange rougeur avec un point blanc juste en dessous de mon t&amp;eacute;ton gauche. J&apos;appuie dessus et un ver tr&amp;egrave;s long en sort, au moins 10 centim&amp;egrave;tres, 1 centim&amp;egrave;tre de large en son milieu, des milliers de filaments sous son corps. Puis vient un deuxi&amp;egrave;me. J&apos;essaie de le sortir, mais il glisse sous mes doigts et quand je sens une r&amp;eacute;sistance, &amp;eacute;coeur&amp;eacute;, je le l&amp;acirc;che. Il dispara&amp;icirc;t dans mon corps.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me r&amp;eacute;veille, d&amp;eacute;go&amp;ucirc;t&amp;eacute;.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&apos;ai aussit&amp;ocirc;t pens&amp;eacute; &amp;agrave; un &amp;eacute;pisode d&apos;X-Files saison 1, &amp;quot;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_arctique&quot;&gt;Projet Arctique&lt;/a&gt;.&amp;quot; Non?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.nirgal.net/graphics/xfiles_s01e07.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;</description>
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  <pubDate>Mon, 30 Nov 2009 06:59:56 GMT</pubDate>
  <title>Notes de lecture: Possession</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/23124.html</link>
  <description>Je suis dans la lecture de &lt;i&gt;Possession &lt;/i&gt;d&apos;AS Byatt qui est une lecture qui m&apos;enchante par son &amp;eacute;criture et qui m&apos;inqui&amp;egrave;te par son propos: je per&amp;ccedil;ois une sourde menace derri&amp;egrave;re la beaut&amp;eacute; des phrases, dans la beaut&amp;eacute; des phrases, dans leur rythme, dans leurs mots, la mani&amp;egrave;re dont Byatt les agence pour peindre un tableau par petites touches d&apos;une froideur, d&apos;une d&amp;eacute;solation d&apos;une rigidit&amp;eacute; cadav&amp;eacute;rique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.photosofchurches.com/images/Wales/Anglesey,%20Gwredog%20Church%20-%20August%202008.jpg&quot; style=&quot;width: 536px; height: 401px;&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt;Plusieurs passages m&apos;ont d&apos;ores et d&amp;eacute;j&amp;agrave; marqu&amp;eacute;: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;quot;Leavis did to Blackadder what he did to serious students: he showed him &lt;u&gt;the terrible, the magnificent importance and urgency&lt;/u&gt; of English literature and simultaneously deprived him of any confidence in his own capacity to contribute or to change it.&amp;quot; (p. 32). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&amp;quot;The room smelled of the &lt;u&gt;ghost &lt;/u&gt;of wine and a hint of cinnamon.&amp;quot; (p. 65)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;quot;Water, containing a brilliant green sediment, dripped from a gutter onto the stone, leaving a sinuous strain.&amp;quot; (p. 79) Ici pas de mot particulier, mais la justesse de cette description m&apos;a frapp&amp;eacute;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;D&apos;autre part, sans que je puisse citer des passages pr&amp;eacute;cis (ou alors il faudrait que je recopie des paragraphes entiers pour illustrer mon propos), Byatt dissecte (emphase sur ce verbe) les relations humaines avec une froideur d&apos;entomologiste, clouant ses personnages avec les aiguilles de son &amp;eacute;criture, lorsqu&apos;elle nous fait p&amp;eacute;n&amp;eacute;trer leurs pens&amp;eacute;es ou par les dialogues, d&apos;une violence inou&amp;iuml;e mais feutr&amp;eacute;e, presque anodine, qu&apos;ils &amp;eacute;changent. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Lecture enchanteresse, donc, et inqui&amp;eacute;tante, qui met mal &amp;agrave; l&apos;aise. Et je ne suis qu&apos;au 80 premi&amp;egrave;res pages...</description>
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  <category>roman</category>
  <category>antonia susan byatt</category>
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  <pubDate>Fri, 27 Nov 2009 16:51:27 GMT</pubDate>
  <title>Rêve (XI)</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/22895.html</link>
  <description>Je suis &amp;agrave; la piscine avec mon p&amp;egrave;re. Je me dis qu&apos;il est temps de sortir. Pour cela, je passe par le tunnel d&apos;eau qui m&amp;egrave;ne des bassins int&amp;eacute;rieurs vers les bassins ext&amp;eacute;rieurs (configuration de l&apos;Aqualand du Touquet o&amp;ugrave; j&apos;&amp;eacute;tais en 1991... &amp;ccedil;a me rajeunit pas). Une fois dehors, j&apos;aper&amp;ccedil;ois St&amp;eacute;phane R. et ses filles dans un bassin enfant avec toboggan. Je sors et je me rends alors compte qu&apos;autour de moi, beaucoup d&apos;hommes sont nus... et ont un tout petit sexe (ce sont peut-&amp;ecirc;tre des Grecs*). Le malaise grandit lorsque je me rends compte qu&apos;il n&apos;y a que des hommes autour de moi et ils sont tous nus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;R&amp;eacute;veil. &lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://image.toutlecine.com/photos/p/i/s/piscine-1969-19-g.jpg&quot; style=&quot;width: 663px; height: 433px;&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;* Car, comme je l&apos;ai appris &amp;agrave; l&apos;&amp;eacute;coute des &amp;quot;Nouveaux chemins de la connaissance,&amp;quot; sur France Culture, les hommes beaux, pour les Grecs, ont les &amp;eacute;paules fermes, le torse saillant, les fesses rebondis et le sexe menu. Dans L&apos;Histoire, j&apos;ai appris que c&apos;est &amp;eacute;galement le canon de beaut&amp;eacute; de l&apos;homme athl&amp;egrave;te en plein effort. Logique, me direz-vous, &amp;agrave; la piscine...</description>
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  <pubDate>Wed, 28 Oct 2009 11:19:59 GMT</pubDate>
  <title>Nouveau blog</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/22723.html</link>
  <description>H. &amp;amp; moi avons ouvert un nouveau blog, intitul&amp;eacute;, &amp;eacute;videmment, le &amp;quot;Blog des boggans&amp;quot; (c&apos;est &lt;a href=&quot;http://lesboggans.over-blog.com/&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du coup, mes critiques apparaitront sur ce blog &amp;agrave; l&apos;avenir. Mon livejournal va retrouver sa fonction premi&amp;egrave;re: servir de support en ligne &amp;agrave; mes &amp;eacute;lucubrations, les r&amp;eacute;flexions, mes inspirations, mes histoires. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela signifie une baisse de l&apos;activit&amp;eacute;, &amp;eacute;videmment, car je n&apos;ai pas des id&amp;eacute;es tous les jours...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://quizilla.teennick.com/user_images/M/MorphineMoroii/1038885146_derboggans.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</description>
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  <pubDate>Wed, 21 Oct 2009 15:13:54 GMT</pubDate>
  <title>Reflexion (I)</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/22473.html</link>
  <description>Article passionnant du NYT:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.nytimes.com/2009/10/18/books/review/Traub-t.html?_r=1&amp;amp;ref=books&quot;&gt;http://www.nytimes.com/2009/&lt;wbr&gt;&lt;/wbr&gt;10/18/books/review/Traub-t.&lt;wbr&gt;&lt;/wbr&gt;html?_r=1&amp;amp;ref=books&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Morceau de choix:&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;blockquote class=&quot;gmail_quote&quot; style=&quot;border-left: 1px solid rgb(204, 204, 204); margin: 0pt 0pt 0pt 0.8ex; padding-left: 1ex;&quot;&gt;We place the Holocaust outside of history; Goldhagen embeds it in the larger, recurring pattern of genocidal killing. While noting that the Nazis were unique in the variety of victims they attacked and the means of killing they adopted, Gold&amp;shy;hagen points out that the institutions we associate with the Holocaust &amp;mdash; the camps, the death marches, the mobile killing squads &amp;mdash; recur in Stalin&amp;rsquo;s Russia and Mao&amp;rsquo;s China, in colonial Kenya and Guatemala. Atrocities resemble one another; their differences are shaped by the perpetrators&amp;rsquo; ideology, their specific fantasy of a purified world, their view of the victims they seek to eradicate.&lt;br /&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je partage cet avis qu&apos;il faut en effet remettre la Shoah dans l&apos;histoire plus longue des massacres de masse, sans nier ses sp&amp;eacute;cificit&amp;eacute;s, id&amp;eacute;ologiques, notamment, mais &amp;agrave; s&apos;interdire toute comparaison, on s&apos;interdit toute r&amp;eacute;flexion, n&apos;en d&amp;eacute;plaise &amp;agrave; Claude Lanzmann. Cela me rappelle l&apos;article que j&apos;ai lu cet &amp;eacute;t&amp;eacute; dans le recueil de F. sur comment l&apos;id&amp;eacute;e d&apos;extermination est peut-&amp;ecirc;tre n&amp;eacute;e lors du massacre des Hereros par les Allemands en Namibie... et cela me fait penser que r&amp;eacute;cemment j&apos;ai lu un article de &lt;em&gt;L&apos;Histoire&lt;/em&gt; dans lequel il &amp;eacute;tait expliqu&amp;eacute; que les th&amp;eacute;ories raciales sont apparues suite &amp;agrave; la colonisation qui a entra&amp;icirc;n&amp;eacute; le contact des Europ&amp;eacute;ens avec l&apos;Autre aussit&amp;ocirc;t vu comme inf&amp;eacute;rieur, ce qu&apos;il a fallu d&amp;eacute;montrer scientifiquement dans cette &amp;egrave;re de progr&amp;egrave;s et de connaissance scientifiques...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apr&amp;egrave;s, la suite de l&apos;article est nettement plus tendancieuse et ce Goldhagen glisse sur des terrains quelque peu id&amp;eacute;ologiquement naus&amp;eacute;abonds. N&amp;eacute;anmoins, cela n&apos;invalide pas l&apos;id&amp;eacute;e expos&amp;eacute;e ci-dessus. Si?</description>
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  <category>claude lanzmann</category>
  <category>histoire</category>
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  <guid isPermaLink='true'>http://mattboggan.livejournal.com/22042.html</guid>
  <pubDate>Mon, 19 Oct 2009 20:38:20 GMT</pubDate>
  <title>Critique roman: A Study in Scarlet d&apos;Arthur Conan Doyle</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/22042.html</link>
  <description>&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.hunch.com/media/img/s/s/h/e/sherlock-holmes-the-complete-novels-and--1819763.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Mes premi&amp;egrave;res impressions peuvent &amp;agrave; pr&amp;eacute;sent se transformer en une critique en bonne et due forme. Comme je le disais, j&apos;avais lu, comme tout le monde, les aventures de Sherlock Holmes lorsque j&apos;&amp;eacute;tais au coll&amp;egrave;ge. En l&apos;occurrence, il s&apos;agissait, bien s&amp;ucirc;r (mon cher Watson), du &lt;i&gt;&lt;b&gt;Chien des Baskervilles&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;. J&apos;en avais gard&amp;eacute; un bon souvenir m&amp;ecirc;me si pas mal flou: je me souviens que Watson est le principal protagoniste du roman, Holmes n&apos;apparaissant qu&apos;&amp;agrave; la toute fin telle une sorte de figure tut&amp;eacute;laire dont la stature n&apos;en est que davantage soulign&amp;eacute;e (un peu comme Ars&amp;egrave;ne Lupin dans &lt;i&gt;&lt;b&gt;L&apos;Aiguille creuse&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;, d&apos;ailleurs). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Lire Sir Arthur en v. o. fut une r&amp;eacute;jouissante et double surprise. Premi&amp;egrave;re surprise: l&apos;&amp;eacute;criture. Fluide, sobre, efficace et souvent tout &amp;agrave; fait &amp;eacute;vocateur, le style est vraiment bon, &amp;agrave; tel point que je m&apos;&amp;eacute;tonne qu&apos;il ne soit pas plus cit&amp;eacute; comme tel quand on parle des aventures de Holmes. (Ou alors, tout le monde le sait et je me couvre litt&amp;eacute;ralement de ridicule en faisant &amp;eacute;tat de ma d&amp;eacute;couverte. Oh l&apos;autre, h&amp;eacute;, il savait m&amp;ecirc;me pas &amp;ccedil;a!) &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Deuxi&amp;egrave;me surprise: l&apos;intrigue est &amp;eacute;videmment celle d&apos;un roman policier, avec une structure toujours r&amp;eacute;p&amp;eacute;t&amp;eacute;e (la situation initiale est expos&amp;eacute;e, Watson agit comme il peut tandis que Holmes inspecte, Holmes comprend le fin mot de l&apos;affaire et laisse les autres s&apos;emp&amp;ecirc;trer dans la mouise avant de daigner, tel un Sheldon du XIXe si&amp;egrave;cle victorien, expliquer aux inf&amp;eacute;rieurs &amp;agrave; quel point tout ceci est fort simple ma foi) mais elle repose sur une &amp;eacute;vocation extr&amp;ecirc;mement int&amp;eacute;ressante du Londres de la fin du XIXe si&amp;egrave;cle, notamment en ce qui concerne les bas-fonds et les diff&amp;eacute;rentes couches sociales qui sont amen&amp;eacute;es &amp;agrave; se c&amp;ocirc;toyer, parfois dans le m&amp;ecirc;me b&amp;acirc;timent, dans la m&amp;eacute;tropole tr&amp;eacute;pidante qui est alors le centre du monde. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Ainsi, on voit les influences de l&apos;Empire dans Londres avec tous ces Anglais qui reviennent des colonies (Watson lui-m&amp;ecirc;me qui revient, convalescent, d&apos;une blessure re&amp;ccedil;ue dans les guerres afghanes... ce que Holmes devine aussit&amp;ocirc;t lors de leur premi&amp;egrave;re rencontre dans une sc&amp;egrave;ne d&apos;anthologie), ces Am&amp;eacute;ricains qui parassent rustres, ces ouvriers venus du pays noir industriel, etc. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;D&apos;ailleurs, dans ce premier opus des aventures du d&amp;eacute;tective, dans l&apos;&amp;eacute;dition int&amp;eacute;grale que je poss&amp;egrave;de (Bantam Classics), on trouve plusieurs chapitres souvent coup&amp;eacute;s dont l&apos;action se situe aux USA: on y voit la fin de l&apos;&amp;eacute;pop&amp;eacute;e des Mormons et le d&amp;eacute;but de leur installation &amp;agrave; Salt Lake City. Le jugement port&amp;eacute; par Conan Doyle sur les mormons est tout simplement d&apos;une f&amp;eacute;rocit&amp;eacute; inou&amp;iuml;e. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Enfin, bref, tout ceci pour dire que c&apos;est un vrai plaisir et que c&apos;est en plus instructif que de se replonger dans les aventures de Sherlock.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, je sens que je vais avoir un peu de mal avec &amp;ccedil;a: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div embedid=&quot;42&quot; class=&quot;ljembed&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;lj-embed id=&quot;43&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;M&amp;ecirc;me si j&apos;aime bien Robert Downey Jr., Jude Law et Guy Ritchie en m&amp;ecirc;me temps? Eurk, &amp;ccedil;a va vraiment &amp;ecirc;tre dur, dur...&lt;br /&gt;</description>
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  <category>roman</category>
  <category>guy ritchie</category>
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  <pubDate>Sat, 17 Oct 2009 17:09:47 GMT</pubDate>
  <title>Critiques cinéma: loups-garou et ouech-ouech</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/21961.html</link>
  <description>Depuis quelques temps, nous rentabilisons notre abonnement C+. Ce mois-ci, sur C+ cin&amp;eacute;ma, un cycle est consacr&amp;eacute; aux films de loups-garou. Enfin! Ras-le-pompon des vampires homosexuels pour adolescentes &amp;eacute;moustill&amp;eacute;es... &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Malheureusement, le premier, intitul&amp;eacute; &amp;quot;&lt;b&gt;Le Go&amp;ucirc;t du sang&lt;/b&gt;&amp;quot; &amp;eacute;tait vraiment risible: le sc&amp;eacute;nario &amp;eacute;tait un ramassis de clich&amp;eacute;s, les sc&amp;egrave;nes avec les loups-garou ridicules (un petit &amp;eacute;clair de lumi&amp;egrave;re pour figurer la transformation) et on y voyait un Olivier Martinez &amp;eacute;gar&amp;eacute; l&amp;agrave; et jouant le m&amp;eacute;chant loup-garou alpha de sa meute (&amp;ccedil;a se voit qu&apos;il est m&amp;eacute;chant dans le film, parce qu&apos;il a un bouc, c&apos;est dire le niveau...) quant &amp;agrave; l&apos;histoire, c&apos;est celle d&apos;une loup-garou roumaine qui tombe amoureuse, au grand dam de sa meute, d&apos;un dessinateur am&amp;eacute;ricain venu &amp;agrave; Bucarest pour &amp;eacute;tudier les l&amp;eacute;gendes locales dans l&apos;optique de dessiner un comics. Dommage , vraiment, car l&apos;intrigue se d&amp;eacute;roule &amp;agrave; Bucarest et cherche &amp;agrave; se nourrir des l&amp;eacute;gendes locales sur les loups-garou. De m&amp;ecirc;me, le film effleure l&apos;id&amp;eacute;e que les garou sont des cr&amp;eacute;atures territoriales et par cons&amp;eacute;quent veillent jalousement sur leur ville... Mais tout cela est noy&amp;eacute; dans le ridicule g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral, la r&amp;eacute;alisation poussive, l&apos;&amp;eacute;criture clichetonneuse. H. est partie au bout de trois quarts d&apos;heure, moi un quart d&apos;heure apr&amp;egrave;s. &lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://videominutesisteron.fr/images/le%20gout%20du%20sang.jpg&quot; style=&quot;width: 205px; height: 284px;&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt;Le deuxi&amp;egrave;me, &amp;quot;&lt;b&gt;Dog Soldiers&lt;/b&gt;,&amp;quot; ne nous a pas retenu plus longtemps. Cette fois-ci, les h&amp;eacute;ros sont un groupe de bidasses en entra&amp;icirc;nement dans les for&amp;ecirc;ts brumeuses et les montagnes des highlands &amp;eacute;cossais. Parmi eux, l&apos;acteur qui joue le centurion de la s&amp;eacute;rie &amp;quot;Rome.&amp;quot; Rapidement, le groupe de militaires se rend compte qu&apos;ils ont p&amp;eacute;n&amp;eacute;tr&amp;eacute; sur le territoire des loups-garou, lorsque les corps des membres de l&apos;&amp;eacute;quipe adverse, un groupe des Forces sp&amp;eacute;ciales, sont retrouv&amp;eacute;s d&amp;eacute;chiquet&amp;eacute;s et &amp;eacute;visc&amp;eacute;r&amp;eacute;s. Une vague mention d&apos;une exp&amp;eacute;rience gouvernementale a relanc&amp;eacute; mon attention d&amp;eacute;clinante quelques temps avant qu&apos;une sc&amp;egrave;ne d&apos;&amp;eacute;visc&amp;eacute;ration totalement foir&amp;eacute;e me fasse rire aux &amp;eacute;clats (les entrailles du bonhomme faisant vraiment tripes &amp;agrave; la mode de Caen). L&apos;arriv&amp;eacute;e inopin&amp;eacute;e et en m&amp;ecirc;me temps &amp;ocirc; combien pr&amp;eacute;visible d&apos;une jolie fermi&amp;egrave;re locale m&apos;a confirm&amp;eacute; dans ma consternation... Hop, au dodo!&lt;br /&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://2006.poff.ee/hoff/upload/1/Koersodurid_BRITIHORROR.jpg&quot; style=&quot;width: 461px; height: 306px;&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Le prochain de Wes Craven, est descendu en fl&amp;egrave;che par notre journal t&amp;eacute;l&amp;eacute; autrefois catho, bien pensant et bobo... Mais bon, n&apos;emp&amp;ecirc;che &amp;ccedil;a fait peur. Pourquoi tous les films de loups-garou sont-ils des bouses sans nom? (Sauf peut-&amp;ecirc;tre &lt;strong&gt;&amp;quot;Wolfen&amp;quot; &lt;/strong&gt;qui &amp;eacute;tait pas mal avec des Garou am&amp;eacute;rindiens qui construisaient les gratte-ciels de New York et vivaient dans un Bronx qui &amp;eacute;tait une v&amp;eacute;ritable for&amp;ecirc;t de ruines... et un Tom Waits chantant au milieu dans un rade miteux... le tout terriblement dat&amp;eacute; fin ann&amp;eacute;es 70 d&amp;eacute;but 80...)&lt;br /&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.scifi-universe.com/upload/galeries/affiches/wolfen/wolfen_affiche1.jpg&quot; style=&quot;width: 277px; height: 381px;&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Plus s&amp;eacute;rieux, C+ a programm&amp;eacute; &amp;quot;&lt;b&gt;Entre les murs&lt;/b&gt;&amp;quot; adapt&amp;eacute; et avec Fran&amp;ccedil;ois B&amp;eacute;gaudeau. Bon, alors, effectivement, la palme d&apos;or &amp;eacute;tait peut-&amp;ecirc;tre et sans doute exag&amp;eacute;r&amp;eacute;e (mais en m&amp;ecirc;me temps comme toutes les palmes de Cannes). Il n&apos;emp&amp;ecirc;che: le film est plut&amp;ocirc;t r&amp;eacute;ussie avec des sc&amp;egrave;nes souvent cr&amp;eacute;dibles, qui m&apos;ont &amp;eacute;voqu&amp;eacute; des souvenirs de Beauvais. Le plus r&amp;eacute;ussi r&amp;eacute;side dans les rapports ambigu&amp;euml;s entre les &amp;eacute;l&amp;egrave;ves et ce prof qui n&apos;est pas au clair avec la relation qu&apos;il veut instaurer avec eux. N&amp;eacute;anmoins, m&amp;ecirc;me si ce film dresse un certain constat de la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; aujourd&apos;hui au prisme de notre syst&amp;egrave;me d&apos;&amp;eacute;ducation et de son inad&amp;eacute;quation vis-&amp;agrave;-vis de la jeunesse, il n&apos;offre gu&amp;egrave;re plus, ni en r&amp;eacute;flexion, ni en originalit&amp;eacute;. Bien, mais pas transcendant, donc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot; class=&quot;ljembed&quot; embedid=&quot;40&quot;&gt;&lt;lj-embed id=&quot;41&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</description>
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  <category>françois bégaudeau</category>
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  <pubDate>Tue, 13 Oct 2009 18:56:42 GMT</pubDate>
  <title>Critique cinéma: L&apos;Empire du Milieu du Sud</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/21591.html</link>
  <description>A Blois, nous avons eu la chance (cf. post pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dent), d&apos;assister &amp;agrave; l&apos;avant premi&amp;egrave;re mondiale du dernier film de Jacques Perrin et Eric Deroo, &amp;quot;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;L&apos;Empire du Milieu du Sud&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;.&amp;quot; En voici une critique, donc:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&apos;ambition des deux r&amp;eacute;alisateur &amp;eacute;tait de faire un film qui ne soit ni un documentaire, ni une fiction mais quelque chose entre les deux, de d&amp;eacute;finir un nouveau genre, d&apos;utiliser les images d&apos;archives, r&amp;eacute;colt&amp;eacute;es dans de nombreux pays, souvent in&amp;eacute;dites, formant plus de 1400 heures de film, pour en faire un &amp;quot;op&amp;eacute;ra sur le Vietnam.&amp;quot; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L&apos;ambition est en partie r&amp;eacute;ussie, m&amp;ecirc;me si je qualifie cette oeuvre d&apos;&amp;eacute;l&amp;eacute;gie pour ma part. En effet, en suivant cette &amp;eacute;vocation du Vietnam qui commence par une l&amp;eacute;gende sur les fils du dragon qui sont all&amp;eacute;s vers le Sud pour le peupler et qui d&amp;eacute;bute r&amp;eacute;ellement par la colonisation fran&amp;ccedil;aise pour aller jusqu&apos;&amp;agrave; la guerre d&apos;Indochine et la guerre du Vietnam, c&apos;est le chant du cygne de l&apos;innocence et de la puret&amp;eacute; d&apos;un pays auquel nous assistons. On y voit comment la colonisation a fait des Vietnamiens des victimes, comment les guerres d&apos;ind&amp;eacute;pendance (Indochine puis Vietnam) ont creus&amp;eacute; les plaies sous la forme de guerres civiles pour cr&amp;eacute;er aujourd&apos;hui un Vietman jeune, meurtri, endolori, beau, mais d&apos;une beaut&amp;eacute; tragique. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Certaine s&amp;eacute;quences, que ce soit par le montage ou par la musique sont d&apos;une grande, grande beaut&amp;eacute; justement ou sont puissamment &amp;eacute;vocateurs: parall&amp;egrave;le entre les soldats fran&amp;ccedil;ais am&amp;eacute;ricains qui s&apos;enlisent dans la boue tandis que les rebelles du Viet-Minh semblent glisser sur l&apos;eau, d&amp;eacute;fil&amp;eacute;s communistes du Vietnam nouvellement ind&amp;eacute;pendant film&amp;eacute; en couleurs par un r&amp;eacute;alisateur russe mis en musique sur du &amp;quot;n&amp;eacute;o-classique&amp;quot; (selon le compositeur) pour &amp;eacute;voquer la tristesse qui d&amp;eacute;j&amp;agrave; teinte cette c&amp;eacute;l&amp;eacute;bration... &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Ce film fait appel &amp;agrave; notre culture cin&amp;eacute;matographique du Vietnam, ce qui permet de le suivre, malgr&amp;eacute; la quasi absence d&apos;explications. Il fait d&apos;ailleurs le pari de l&apos;intelligence et de la culture du spectateur. Le plus grand probl&amp;egrave;me r&amp;eacute;side d&apos;ailleurs sans doute sur ce point: refusant de verser dans le documentaire et dans les explications p&amp;eacute;dagogiques, mais &amp;eacute;tant limit&amp;eacute; par les images d&apos;archives et par son sujet -- humain, fonci&amp;egrave;rement humain, de par la colonisation, les guerres -- le film ne parvient pas &amp;agrave; trouver l&apos;&amp;eacute;quilibre entre ces deux p&amp;ocirc;les -- ou alors h&amp;eacute;site constamment, son statut d&apos;hybride ne lui permettant pas de transcender ou de couvrir totalement son sujet. De fait, Perrin se trouve prisonnier de son sujet. Contrairement au &amp;quot;Peuple migrateur&amp;quot; o&amp;ugrave; il tournait ses propres images, le voici oblig&amp;eacute; d&apos;utiliser des images, mais sans toujours parvenir &amp;agrave; atteindre ce qu&apos;il cherche. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;N&amp;eacute;anmoins, saluons l&apos;entreprise et l&apos;originalit&amp;eacute; de la forme qui a le m&amp;eacute;rite d&apos;explorer et de tenter de cr&amp;eacute;er un nouveau genre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Je pense d&apos;ailleurs qu&apos;un film &amp;agrave; &amp;quot;La Jet&amp;eacute;e&amp;quot; &amp;eacute;voquant nos soci&amp;eacute;t&amp;eacute;s &amp;agrave; partir d&apos;images d&apos;archives serait passionnant. Une sorte de &amp;quot;Syndrome du Titanic&amp;quot; en noir et blanc et sans le discours moralisateur casse-bonbon.)</description>
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  <category>jacques perrin</category>
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  <pubDate>Tue, 13 Oct 2009 17:58:37 GMT</pubDate>
  <title>Les Rendez-vous de l&apos;Histoire de Blois</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/21397.html</link>
  <description>Tous les ans, H. et moi allons aux RDV de l&apos;Histoire de Blois. C&apos;est l&apos;occasion d&apos;entendre et, &amp;eacute;ventuellement de rencontrer, des gens intelligents nous parler de choses intelligentes. Petit bilan de l&apos;&amp;eacute;dition 2009:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://aphgcaen.free.fr/blois/corps1.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; Vendredi soir: &amp;quot;&lt;b&gt;L&apos;Empire du Milieu du Sud&lt;/b&gt;&amp;quot; en avant-premi&amp;egrave;re mondiale! Film de Jacques Perrin et d&apos;Eric Deroo en pr&amp;eacute;sence du second, du producteur (Nicolas Dumont, &amp;ccedil;a me dit quelque chose), du monteur et du compositeur. Int&amp;eacute;ressant. OVNI cin&amp;eacute;matrographique. Critique dans la conversation &amp;quot;critiques cin&amp;eacute;.&amp;quot; Juste une note sur le public qui, au moment des questions suite au film, n&apos;a eu de cesse que de critiquer: &amp;quot;et vous n&apos;avez pas parl&amp;eacute; du 9e bataillon de truc, parce que moi j&apos;y &amp;eacute;tais... &amp;quot; ou &amp;quot;et vous vous &amp;ecirc;tes tromp&amp;eacute;s par rapport &amp;agrave; l&apos;occupation du Vietnam par le Japon, parce que moi je...&amp;quot; ou encore &amp;quot;et moi je suis historien et donc il faut savoir que...&amp;quot; ou pire &amp;quot;mais c&apos;est bien pessimiste votre film, parce que moi je connais bien le Vietnam: j&apos;y &amp;eacute;tais en vacances trois semaines...&amp;quot; On s&apos;en fout merde! Tas de cons! C&apos;est un film, une oeuvre d&apos;art, un point de vue cin&amp;eacute;matographique, c&apos;est pas l&apos;&amp;eacute;vocation de votre vie ou de votre pens&amp;eacute;e sur le Vietnam! Bon sang! Personne n&apos;a-t-il donc plus conscience que le monde ne tourne pas autour de sa mis&amp;eacute;rable personne insignifiante? &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt; Samedi matin: Conf&amp;eacute;rence &amp;quot;&lt;b&gt;Le corps dans la Gr&amp;egrave;ce antique&lt;/b&gt;&amp;quot; avec, entre autres, Pierre Br&amp;ucirc;l&amp;eacute; (fid&amp;egrave;le &amp;agrave; sa r&amp;eacute;putation de lapin jovial et polisson) qui nous a parl&amp;eacute;s du poil en Gr&amp;egrave;ce antique et Francis Prost qui a parl&amp;eacute; de la repr&amp;eacute;sentation du corps dans la statuaire grecque et a essay&amp;eacute; de jeter les bases d&apos;une typologie, mais n&apos;ayant plus que 5-10 min. c&apos;&amp;eacute;tait forc&amp;eacute;ment limit&amp;eacute;. Trois autres interventions: &amp;quot;les parfums et la femme&amp;quot; (pas mal), &amp;quot;les mauvaises odeurs&amp;quot; (bien) et la physiognomie (tr&amp;egrave;s int&amp;eacute;ressant). &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt; Samedi apr&amp;egrave;s-midi: Conf&amp;eacute;rence/ d&amp;eacute;bat &amp;quot;&lt;b&gt;Enseigner l&apos;Histoire de la Shoah. Reflexions. Probl&amp;eacute;matiques. Pistes p&amp;eacute;dagogiques.&lt;/b&gt;&amp;quot; La premi&amp;egrave;re intervenante &amp;eacute;tait H&amp;eacute;l&amp;egrave;ne Waysbord-Loing, pr&amp;eacute;sidente du mus&amp;eacute;e de la maison d&apos;Izieu, &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de Lyon (o&amp;ugrave; 43 enfants juifs ont &amp;eacute;t&amp;eacute; rafl&amp;eacute;s en 43 par Barbie), inspectrice g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale honoraire de l&apos;Education nationale et auteur, r&amp;eacute;cemment, du rapport demand&amp;eacute; par Sarkozy sur la Shoah &amp;agrave; l&apos;&amp;eacute;cole. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;H&amp;eacute; bien, &amp;agrave; &amp;eacute;couter son intervention, je dois avouer que je suis tr&amp;egrave;s inquiet sur la teneur de son rapport. Son intervention commen&amp;ccedil;ait bien: &amp;quot;en quoi c&apos;est un enseignement probl&amp;eacute;matique, etc.&amp;quot; et puis, elle explique que la distance que les &amp;eacute;l&amp;egrave;ves ressentent par rapport &amp;agrave; la p&amp;eacute;riode est le plus gros probl&amp;egrave;me. D&amp;eacute;j&amp;agrave;, je tique un peu. Puis, elle nous explique qu&apos;il faut &amp;agrave; tout prix combler ce gouffre en permettant aux &amp;eacute;l&amp;egrave;ves de s&apos;identifier. Je re-tique. Et elle continue en nous disant  qu&apos;&amp;eacute;tudier des destins individuels, par exemple, c&apos;est tr&amp;egrave;s bien, ou en allant sur les lieux, comme par exemple &amp;agrave; la maison d&apos;Izieu. Mais la panac&amp;eacute;e, selon elle, c&apos;est le t&amp;eacute;moin qui a surv&amp;eacute;cu et qui t&amp;eacute;moigne devant les &amp;eacute;l&amp;egrave;ves. &amp;quot;Lorsqu&apos;il montre son n&amp;deg;, les &amp;eacute;l&amp;egrave;ves voient bien que cela est arriv&amp;eacute; &amp;agrave; quelqu&apos;un qui peut dire: j&apos;ai v&amp;eacute;cu &amp;ccedil;a.&amp;quot; Elle cite un autre exemple: &amp;quot;lorsqu&apos;un t&amp;eacute;moin au proc&amp;egrave;s d&apos;Eichmann a brandi des petits souliers, tout &amp;eacute;tait dit, plus besoin de discours et d&apos;explication.&amp;quot; Moi j&apos;entends &amp;ccedil;a, je commence &amp;agrave; me retourner vers les autres venus assister. Tout le monde reste de marbre. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt; Puis vient le tour du second intervenant: prof agreg&amp;eacute; de lettres, formateur &amp;agrave; l&apos;IUFM de Versailles, ayant &amp;eacute;dit&amp;eacute; la version abr&amp;eacute;g&amp;eacute; du journal d&apos;H&amp;eacute;l&amp;egrave;ne Baer. Et il nous explique qu&apos;on peut travailler avec parce que &amp;ccedil;a permet aux &amp;eacute;l&amp;egrave;ves de s&apos;identifier &amp;agrave; cette jeune femme qui &amp;eacute;tait amoureuse, qui avait des projets, qui &amp;eacute;tait heureuse, blah, blah, blah et &amp;quot;L&apos;Arm&amp;eacute;e du crime&amp;quot; c&apos;est un bon film malgr&amp;eacute; ses d&amp;eacute;fauts parce qu&apos;on voit que les personnages &amp;eacute;taient joyeux et humains et vivants, blah, blah, blah. Je commence &amp;agrave; m&apos;&amp;eacute;nerver. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt; Enfin, vient le tour du prof d&apos;Histoire, prof en coll&amp;egrave;ge en Seine-St-Denis, responsable des formations au M&amp;eacute;morial de la Shoah. &amp;quot;Bon, alors, je vais &amp;ecirc;tre un peu en contradiction avec mes coll&amp;egrave;gues: je n&apos;aime pas la p&amp;eacute;dagogie de l&apos;horreur. L&apos;&amp;eacute;motion, pour la Shoah, les images, d&apos;accord, mais on sait que l&apos;&amp;eacute;motion emp&amp;ecirc;che de penser et nous en tant que profs d&apos;Histoire on doit contextualiser les t&amp;eacute;moignages, les pr&amp;eacute;senter pour ce qu&apos;ils sont.&amp;quot; Un peu plus tard: &amp;quot;le t&amp;eacute;moignage du rescap&amp;eacute; d&apos;Auschwitz, pourquoi pas, mais il faut bien expliquer aux &amp;eacute;l&amp;egrave;ves que ce n&apos;est pas un t&amp;eacute;moin de la Shoah, car les rescap&amp;eacute;s d&apos;Auschwitz, ils &amp;eacute;taient dans un camp, mais pas dans un centre de mise &amp;agrave; mort comme Sobibor ou Treblinka.&amp;quot; L&amp;agrave;, indignation de l&apos;inspectrice g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale honoraire de l&apos;&amp;eacute;ducation. &amp;quot;Si, si, je suis d&amp;eacute;sol&amp;eacute;,&amp;quot; continue le prof, &amp;quot;mais en France on a une vision d&amp;eacute;form&amp;eacute;e de la Shoah du fait que les juifs fran&amp;ccedil;ais ont &amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;port&amp;eacute; vers Auschwitz. S&apos;ils avaient &amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;agrave; Sobibor, Treblinka, Chelmno ou Maidanek, on aurait z&amp;eacute;ro t&amp;eacute;moin.&amp;quot; &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt; Heureusement qu&apos;il &amp;eacute;tait l&amp;agrave; lui. Cela m&apos;a d&apos;ailleurs fait penser &amp;agrave; la formation que F. avait suivi sur le m&amp;ecirc;me th&amp;egrave;me. Je suis parti ensuite: je ne voulais pas assister au moment des questions. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;  Juste apr&amp;egrave;s: &lt;b&gt;conf&amp;eacute;rence de Philippe Chassaigne&lt;/b&gt; (entre autres) sur la question de contemporaine &amp;agrave; l&apos;agr&amp;eacute;gation dont je vous &amp;eacute;pargne un compte-rendu. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Juste apr&amp;egrave;s encore: caf&amp;eacute; litt&amp;eacute;raire &amp;quot;&lt;b&gt;Du b&amp;ucirc;cher au g&amp;eacute;nocide&lt;/b&gt;&amp;quot; (tr&amp;egrave;s mal intitul&amp;eacute; &amp;agrave; mon avis, la Grande Terreur n&apos;&amp;eacute;tant pas un g&amp;eacute;nocide) avec Nathan Wachtel qui a publi&amp;eacute; un livre sur l&apos;inquisition et dont le propos est, en gros, que l&apos;inquisition est l&apos;instrument de l&apos;Eglise pour exercer une emprise totalitaire en mettant en place une terreur physique et psychique. Nicolas Werth &amp;eacute;tait l&amp;agrave; pour &amp;eacute;changer et &amp;eacute;voquer son livre, &lt;i&gt;L&apos;Ivrogne et la marchande de fleurs&lt;/i&gt;, qui fait le point sur la Grande Terreur de 1937-38 en URSS. Rien de bien nouveau n&apos;en est sorti, mais c&apos;est int&amp;eacute;ressant, cette id&amp;eacute;e d&apos;inquisition comme moyen de terreur de l&apos;Eglise. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt; Samedi soir: resto grec avec menu &amp;quot;antique.&amp;quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Samedi soir: &amp;quot;&lt;strong&gt;Sobibor. 14 octobre 1943. 16 heures.&lt;/strong&gt;&amp;quot; de Claude Lanzmann pr&amp;eacute;sent&amp;eacute; par Lanzmann en personne. Sa pr&amp;eacute;sentation &amp;eacute;tait m&amp;eacute;ticuleuse. Il parlait lentement, alors &amp;ccedil;a aga&amp;ccedil;ait certains dans la salle. Idem: critique dans le fil pertinent. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt; Dimanche matin: conf&amp;eacute;rence &amp;quot;&lt;b&gt;Le post-humain est-il l&apos;avenir de l&apos;homme?&lt;/b&gt;&amp;quot; avec un philosophe et un journaliste scientifique. Super int&amp;eacute;ressante. La meilleure du week-end. Cela faisait &amp;eacute;cho &amp;agrave; nos discussions et notamment &amp;agrave; la conclusion &amp;agrave; laquelle Bruno et moi &amp;eacute;tions arriv&amp;eacute;s: il est temps de r&amp;eacute;inventer un nouvel humanisme fissa parce que les post ou transhumanistes qu&apos;ils soient machinistes ou neo-darwiniens sont en train de le faire &amp;agrave; notre place et c&apos;est pas tr&amp;egrave;s beau. Compte-rendu d&amp;eacute;taill&amp;eacute; plus tard quand j&apos;aurais le temps: j&apos;ai pris des notes. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt; Juste apr&amp;egrave;s: Conf&amp;eacute;rence d&apos;Alain Corbin &amp;quot;&lt;b&gt;L&apos;harmonie des plaisirs&lt;/b&gt;&amp;quot; dans laquelle il a pos&amp;eacute; des bases pour faire une histoire du toucher qui pour le moment a &amp;eacute;t&amp;eacute; ignor&amp;eacute;. Bon, il a fait des bons mots de cul, &amp;ccedil;a a fait rire, mais c&apos;&amp;eacute;tait pas tr&amp;egrave;s profond (sans vouloir en rajouter). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</description>
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  <category>nicolas werth</category>
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  <pubDate>Wed, 07 Oct 2009 15:39:56 GMT</pubDate>
  <title>Critique cinéma: La Belle Personne</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/21013.html</link>
  <description>L&amp;agrave; encore, c&apos;est pas r&amp;eacute;cent, mais c&apos;est en r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence &amp;agrave; &amp;quot;&lt;strong&gt;Non, ma fille, tu n&apos;iras pas danser&lt;/strong&gt;&amp;quot; et parce que j&apos;avais beaucoup aim&amp;eacute;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;lj-embed id=&quot;39&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class=&quot;il&quot;&gt;&amp;quot;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;il&quot;&gt;La&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;Belle&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;personne&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span class=&quot;il&quot;&gt;&amp;quot;&lt;/span&gt;: J&apos;aime aussi. Autant j&apos;avais pas trop aim&amp;eacute; &amp;quot;&lt;strong&gt;Les Chansons d&apos;amour&lt;/strong&gt;,&amp;quot; autant j&apos;aime bien &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;&amp;quot;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span class=&quot;il&quot;&gt;La&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;Belle&lt;/span&gt; &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;personne&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;.&amp;quot; Les acteurs en rajoutent des caisses, mais &amp;ccedil;a passe; &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; r&amp;eacute;alisation souligne les tourments, s&apos;attarde sur les chagrins, la solitude, les sentiments, mais je prends malgr&amp;eacute; quelques sc&amp;egrave;nes avec lesquelles j&apos;ai du mal (le blondinet qui chante par exemple). On se demandait aussi avec H. si le fait qu&apos;un prof (Louis Garrel) se tapait ses &amp;eacute;l&amp;egrave;ves ne choquant pas plus que &amp;ccedil;a ses coll&amp;egrave;gues et les autres &amp;eacute;l&amp;egrave;ves &amp;eacute;tait normal. Mais l&apos;ensemble est coh&amp;eacute;rent. C&apos;est tr&amp;egrave;s litt&amp;eacute;raire et, du coup, je pense, pas tr&amp;egrave;s r&amp;eacute;aliste (en m&amp;ecirc;me temps je connais pas trop l&apos;univers des lyc&amp;eacute;es parisiens m&amp;ecirc;me si &amp;ccedil;a m&apos;a &amp;eacute;voqu&amp;eacute; des souvenirs de lyc&amp;eacute;e justement: le coup du juke-box d&amp;eacute;guingl&amp;eacute;). &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;La&lt;/span&gt; force tient dans les personnages qui sont donc pas forc&amp;eacute;ment cr&amp;eacute;dibles mais tr&amp;egrave;s profonds, tr&amp;egrave;s intenses. Les acteurs sont tr&amp;egrave;s beaux, tr&amp;egrave;s jeunes, tr&amp;egrave;s chouettes. Ils respirent &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; vitalit&amp;eacute;. Et puis voil&amp;agrave;: c&apos;est une adaptation de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; &lt;em&gt;Princesse de Cl&amp;egrave;ves&lt;/em&gt;, donc ce sont des sentiments tourment&amp;eacute;s, des passions maladives, des id&amp;eacute;aux amoureux sublim&amp;eacute;s et bafou&amp;eacute;s, le tout en les mettant en phase avec des ados tout aussi tourment&amp;eacute;s et &amp;ccedil;a donne un bon drame mais qui sait &amp;ecirc;tre l&amp;eacute;ger et surtout, surtout s&apos;il est sans doute pr&amp;eacute;tentieux et pompeux, il le fait intelligemment, donc, on regarde avec plaisir. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Et tout &amp;ccedil;a pour dire &amp;agrave; Sarko qu&apos;&amp;eacute;tudier &lt;em&gt;&lt;span class=&quot;il&quot;&gt;La&lt;/span&gt; Princesse de Cl&amp;egrave;ves&lt;/em&gt; c&apos;est bien m&amp;ecirc;me pour les fonctionnaires de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; CAF. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Ecrit le 14 septembre 2008, &amp;eacute;dit&amp;eacute; aujourd&apos;hui.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</description>
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  <category>christophe honoré</category>
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  <pubDate>Wed, 07 Oct 2009 15:33:14 GMT</pubDate>
  <title>Critique cinéma: Apocalypto</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/20799.html</link>
  <description>&lt;lj-embed id=&quot;38&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais, je sais, c&apos;est vieux comme H&amp;eacute;rode, mais alors que l&apos;exposition sur Teotihuacan au quai Branly s&apos;annonce comme L&apos;&amp;eacute;v&amp;egrave;nement culturel de cet hiver, je me disais que &amp;ccedil;a serait bien d&apos;en reparler. Donc, voici ma critique en date du 14 f&amp;eacute;vrier 2008:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mardi soir, &amp;quot;&lt;strong&gt;Apocalypto&lt;/strong&gt;&amp;quot; sur C+: ben c&apos;est pas si mal que &amp;ccedil;a. Je m&apos;attendais &amp;agrave; un truc totalement indigeste parce que super violent (interdit aux - de 16 ans quand m&amp;ecirc;me) et en fait c&apos;est pas aussi violent que je le craignais et d&apos;ailleurs je comprends pas cette interdiction: &amp;quot;&lt;strong&gt;Braveheart&lt;/strong&gt;&amp;quot; l&apos;est tout autant (notamment &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; sc&amp;egrave;ne de torture de fin) sans parler de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; &amp;quot;&lt;strong&gt;Passion du Christ&lt;/strong&gt;.&amp;quot; Ici, Gibson semble moins complaisant avec &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; souffrance, il ne montre pas &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; fascination morbide pr&amp;eacute;sente dans les deux autres films (et notamment dans &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; Passion). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Sur &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; r&amp;eacute;alisation: tr&amp;egrave;s &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;belle&lt;/span&gt; photo et r&amp;eacute;alisation efficace avec deux-trois sc&amp;egrave;nes tr&amp;egrave;s jolies (sc&amp;egrave;ne de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; cascade, sc&amp;egrave;ne de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; plage). Par contre, il y a parfois des images l&amp;eacute;ch&amp;eacute;es et floues en m&amp;ecirc;me temps (&amp;agrave; &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; Michael Mann dans &amp;quot;&lt;strong&gt;Miami Vice&lt;/strong&gt;&amp;quot; ou dans &amp;quot;&lt;strong&gt;Collateral&lt;/strong&gt;&amp;quot;) qui sont incongrues. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Sur le fond: alors ce n&apos;est ni un film d&apos;amour (J., allons...) ni un &lt;em&gt;survival&lt;/em&gt;. C&apos;est un film sur &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; d&amp;eacute;cadence et &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; chute d&apos;une soci&amp;eacute;t&amp;eacute;. En gros, le message ultra r&amp;eacute;ac (ben oui c&apos;est Gibson l&apos;antis&amp;eacute;mite derri&amp;egrave;re &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; cam&amp;eacute;ra hein) est le suivant: lorsque les Am&amp;eacute;rindiens (les Mayas dans le film) &amp;eacute;taient des chasseurs cueilleurs dans &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; jungle et se mettaient de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; poudre rouge sur les roubignolles (super potaches les Mayas) ils &amp;eacute;taient des &amp;quot;bons sauvages&amp;quot;, noeuds-noeuds mais innocents et purs comme leurs sentiments mais lorsque les Am&amp;eacute;rindiens ont d&amp;eacute;velopp&amp;eacute; une soci&amp;eacute;t&amp;eacute; industrielle (les Azt&amp;egrave;ques dans le film) ils sont devenus corrompus et le seul lien qu&apos;ils gardaient avec leurs origines &amp;eacute;tait le sacrifice humain. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Ce film est centr&amp;eacute; sur le sacrifice humain comme illustration de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; d&amp;eacute;cadence de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; soci&amp;eacute;t&amp;eacute; industrielle azt&amp;egrave;que. D&apos;ailleurs, si dans toute &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; premi&amp;egrave;re partie du film ce sont les Azt&amp;egrave;ques qui sacrifient les Mayas, dans &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; seconde partie, par un jeu de renversement, c&apos;est le Maya qui sacrifie les Azt&amp;egrave;ques qui l&apos;ont suivi dans sa jungle. (Ainsi lui aussi devient corrompu m&amp;ecirc;me s&apos;il choisit de retourner dans &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; jungle pour &amp;quot;repartir de rien&amp;quot; on sait que c&apos;est fichu: le ver est dans le fruit!)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;A ce propos: le film est hyper partisan. Apr&amp;egrave;s l&apos;avoir vu, j&apos;ai lu le n&amp;deg; de l&apos;Histoire consacr&amp;eacute; aux sacrifices humains chez les Am&amp;eacute;rindiens. &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;La&lt;/span&gt; guerre au d&amp;eacute;but du film entre Azt&amp;egrave;ques et Mayas: il faut savoir que ce n&apos;&amp;eacute;taient en aucun cas des guerres d&apos;an&amp;eacute;antissement (images du village en feu, des femmes massacr&amp;eacute;es, des enfants laiss&amp;eacute;s &amp;agrave; l&apos;abandon, etc.) mais des guerres ritualis&amp;eacute;es et extr&amp;ecirc;mement codifi&amp;eacute;es appel&amp;eacute;es &amp;quot;guerres fleuries&amp;quot; dont le but &amp;eacute;tait de capturer des prisonniers hommes notamment par &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; queue de cheval qu&apos;ils se laissaient pousser &amp;agrave; cette fin _dans les deux camps_! De plus, les Azt&amp;egrave;ques se faisaient &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; guerre entre eux. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les sc&amp;egrave;nes d&apos;exposition de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; soci&amp;eacute;t&amp;eacute; industrielle donc corrompue: les nains difformes, les femmes aux plaisirs blas&amp;eacute;s couvertes de jade (le jade &amp;eacute;tait une pierre sacr&amp;eacute; qui rappelait les sacrifices) sont trop vulgaires. M&amp;ecirc;me si c&apos;est int&amp;eacute;ressant: juste avant &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; conqu&amp;ecirc;te espagnole, le bassin de Mexico-Tenochtitlan &amp;agrave; &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; mer comptait 3 millions de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;personne&lt;/span&gt; et 3 autres millions de l&apos;autre c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; cha&amp;icirc;ne des volcans - une vraie m&amp;eacute;galopole pr&amp;eacute;-colombienne avec tous les probl&amp;egrave;mes engendr&amp;eacute;s par cette concentration humaine. D&apos;ailleurs, comment se peut-il qu&apos;apr&amp;egrave;s avoir travers&amp;eacute; pendant 15 min de film les &amp;eacute;tendues urbanis&amp;eacute;es de cette &amp;quot;ville&amp;quot; le h&amp;eacute;ros puisse s&apos;&amp;eacute;chapper dans une jungle au bord de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; pyramide centrale de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; capitale? &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Le sacrifice humain proprement dit: il est plus ou moins fid&amp;egrave;le &amp;agrave; ce qu&apos;on en sait, m&amp;ecirc;me si le corps &amp;eacute;tait d&amp;eacute;capit&amp;eacute; apr&amp;egrave;s avoir &amp;eacute;t&amp;eacute; balanc&amp;eacute; du haut de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; pyramide. Puis il &amp;eacute;tait d&amp;eacute;pec&amp;eacute; et mang&amp;eacute; rituellement, &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; cuisse gauche, &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; part divine, &amp;eacute;tant r&amp;eacute;serv&amp;eacute;e au roi. Mais cela, Gibson l&apos;oublie (volontairement?).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Le plus grand int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t du film est son th&amp;egrave;me central: &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; d&amp;eacute;ch&amp;eacute;ance d&apos;une soci&amp;eacute;t&amp;eacute; (H. m&apos;a dit que j&apos;ai loup&amp;eacute; une maxime au d&amp;eacute;but du film: &amp;quot;les soci&amp;eacute;t&amp;eacute;s qui tombent de l&apos;ext&amp;eacute;rieur sont d&apos;abord fragiles de l&apos;int&amp;eacute;rieur&amp;quot; ou quelque chose de cet acabit). &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;La&lt;/span&gt; proph&amp;eacute;tie de &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; petite fille avec le Jaguar Noir (h&amp;eacute;, h&amp;eacute;, h&amp;eacute;, &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;que de souvenirs de &lt;/span&gt; cette terrible campagne de JDR &amp;agrave; Werewolf sur &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; fin du peuple maya et &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; proph&amp;eacute;tie de Jaguar Noir) et &lt;span class=&quot;il&quot;&gt;la&lt;/span&gt; sc&amp;egrave;ne finale sont les meilleurs moments du film car ce sont les seuls &amp;agrave; lui donner de l&apos;&amp;eacute;paisseur. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</description>
  <comments>http://mattboggan.livejournal.com/20799.html</comments>
  <category>cinéma</category>
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  <pubDate>Wed, 07 Oct 2009 12:14:36 GMT</pubDate>
  <title>Critique cinéma: Non, ma fille, tu n&apos;iras pas danser</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/20721.html</link>
  <description>&lt;lj-embed id=&quot;37&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du m&amp;ecirc;me r&amp;eacute;alisateur, &lt;strong&gt;Christophe Honor&amp;eacute;&lt;/strong&gt;, j&apos;avais pr&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; &amp;quot;&lt;strong&gt;La Belle personne&lt;/strong&gt;&amp;quot; qui &amp;eacute;tait marqu&amp;eacute; par une gr&amp;acirc;ce intemporelle tellement lyc&amp;eacute;enne que j&apos;avais imm&amp;eacute;diatement &amp;eacute;t&amp;eacute; s&amp;eacute;duit. Par contre, ce dernier film est pour moi sup&amp;eacute;rieur aux &amp;quot;&lt;strong&gt;Chansons d&apos;amour&lt;/strong&gt;&amp;quot; de par l&apos;absence de Ludivine Sagnier, entre autres. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;C&apos;est un film sur la famille et sur l&apos;incapacit&amp;eacute; pour notre g&amp;eacute;n&amp;eacute;ration de 30-40 ans d&apos;en b&amp;acirc;tir une sur le mod&amp;egrave;le de celui de nos parents. C&apos;est un film sur deux soeurs et un fr&amp;egrave;re, leurs relations de couple, leur vie entre la Bretagne de la maison familiale des parents et leurs appartements parisiens: Chiara Mastroianni a r&amp;eacute;cemment quitt&amp;eacute; son mari am&amp;eacute;ricain (Jean-Marc Barr barbu) en douce et a plaqu&amp;eacute; son m&amp;eacute;tier d&apos;anesth&amp;eacute;siste pour se consacrer &amp;agrave; ses deux enfants, Anton, 12 ans environ, et sa petite fille de 7-8 ans dont je ne me souviens plus du pr&amp;eacute;nom. A l&apos;occasion d&apos;une visite dans la maison de ses parents en Bretagne, elle s&apos;aper&amp;ccedil;oit que sa m&amp;egrave;re lui a tendu un pi&amp;egrave;ge en invitant son mari et en demandant &amp;agrave; sa soeur de lui trouver un entretien pour un boulot...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;C&apos;est le prototype de film petit-bourgeois parisien de bobos qui sont malheureux alors qu&apos;ils ont tout pour &amp;ecirc;tre heureux. C&apos;est le genre de film qui me gonflerait (le dernier en date tent&amp;eacute; par H. &amp;quot;&lt;strong&gt;Les Actrices&lt;/strong&gt;&amp;quot; ou un truc du genre de et avec Bruni-Tedeschi &amp;eacute;tait insupportable) sauf que, dans le cas pr&amp;eacute;sent, Christophe Honor&amp;eacute; arrive &amp;agrave; rendre son film int&amp;eacute;ressant et ce de trois mani&amp;egrave;res:&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;1) Les personnages et les acteurs qui les incarnent: ce sont des personnages authentiques, souvent vrais, bien interpr&amp;eacute;t&amp;eacute;s. Point tr&amp;egrave;s, tr&amp;egrave;s positif pour le film: les enfants de Chiara Mastroianni, sont bien, c&apos;est-&amp;agrave;-dire int&amp;eacute;ressants, avec cette arrogance des adolescents qui pensent avoir tout compris surtout dans les milieux friqu&amp;eacute;s pour le gar&amp;ccedil;on mais sans &amp;ecirc;tre insupportable, et avec ce c&amp;ocirc;t&amp;eacute; spontan&amp;eacute; et super bien vu de la fille (&amp;quot;les cathares, ils &amp;eacute;taient purs et innocents et c&apos;est pour &amp;ccedil;a que tout le monde voulait les tuer parce qu&apos;ils mettaient la honte &amp;agrave; tout le monde&amp;quot; dont on sent bien que c&apos;est issu du grand fr&amp;egrave;re qui lit tout le temps et qui fait r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence &amp;agrave; l&apos;Histoire). Le personnage de Mastroianni est effectivement le pivot du film: cette divorc&amp;eacute;e a quitt&amp;eacute; son mari mais on se demande vraiment comment tant elle est incapable de se d&amp;eacute;cider pour quoi que ce soit, vu que son probl&amp;egrave;me est qu&apos;elle refuse de d&amp;eacute;cider. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;2) Les histoires de famille sont prenantes. Leurs rapports sont passionnants &amp;agrave; suivre tant ils sont marqu&amp;eacute;s par une violence qu&apos;ils semblent accepter. Par contre, cet aspect, tout en &amp;eacute;tant une force, repr&amp;eacute;sente pour moi une difficult&amp;eacute; &amp;agrave; adh&amp;eacute;rer totalement au film: je ne vois pas comment Marina Fo&amp;iuml;s, qui joue la soeur cadette, peut dire &amp;agrave; son a&amp;icirc;n&amp;eacute;e, Chiara Mastroianni, qu&apos;elle se fait tyranniser par ses enfants au petit d&amp;eacute;j&apos;, voir la seconde lui r&amp;eacute;torquer qu&apos;elle est mal plac&amp;eacute;e pour la juger et qu&apos;elle se croit toujours si sup&amp;eacute;rieure et qu&apos;ensuite on continue sans probl&amp;egrave;me. D&apos;apr&amp;egrave;s moi et mon humble exp&amp;eacute;rience limit&amp;eacute;e, on ne peut sortir aux gens leurs quatre v&amp;eacute;rit&amp;eacute;s, quand bien m&amp;ecirc;me et surtout s&apos;ils sont de votre famille, lorsque ces derni&amp;egrave;res sont blessantes, et que tout roule, pas de probl&amp;egrave;me, on ne s&apos;en veut pas. D&apos;accord avec H.: le personnage de Garrel est l&amp;agrave; pour montrer que Chiari Mastroianni, divorc&amp;eacute;e, deux enfants &amp;agrave; charge, ne sait pas ce qu&apos;elle veut et n&apos;est pas capable de se d&amp;eacute;cider &amp;agrave; entamer une nouvelle relation (d&apos;o&amp;ugrave; les deux &amp;eacute;checs, voire trois si on compte celle hors-cadre temporel du film, de Garrel pour coucher avec). &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;3) Le conte: cl&amp;eacute; de lecture du film, joliment film&amp;eacute;, le conte breton, racont&amp;eacute; par le fils &amp;agrave; sa m&amp;egrave;re au milieu du film nous permet de tout comprendre, ainsi que le personnage de Garrel lorsqu&apos;il dit &amp;quot;vivre, c&apos;est savoir &amp;agrave; quoi on est pr&amp;ecirc;t &amp;agrave; renoncer.&amp;quot; Or, Chiara Mastroianni ne veut renoncer &amp;agrave; rien et donc ne veut rien ou tout et son contraire: elle veut coucher avec Garrel puis finalement veut retourner avec Barr; elle veut la garde de ses enfants, mais ses enfants la gonflent; elle veut &amp;ecirc;tre leur m&amp;egrave;re, mais en fait ce sont ses enfants (notamment le fils) qui lui disent ce qu&apos;elle doit faire; elle ne parle plus &amp;agrave; sa soeur, sa soeur est sa meilleure amie. Le conte breton nous fait comprendre que cette fille qui refusait de se marier tant qu&apos;elle n&apos;aurait pas rencontrer quelqu&apos;un qui pourrait la faire danser toute la nuit est &amp;eacute;videmment Chiara Mastronianni. D&apos;autant que tous les autres personnages autour d&apos;elle n&apos;arr&amp;ecirc;tent pas de proclamer haut et fort par leurs paroles, leurs actions, leur mani&amp;egrave;re d&apos;&amp;ecirc;tre qu&apos;eux ont fait des choix, qu&apos;ils ne les regrettent pas, que c&apos;&amp;eacute;taient les bons choix alors qu&apos;&amp;eacute;videmment ces choix n&apos;&amp;eacute;taient ni bons ni mauvais, n&apos;&amp;eacute;taient m&amp;ecirc;me pas de vrais choix, mais qu&apos;ils s&apos;en persuadent sans quoi ils d&amp;eacute;primeraient aussi. La comparaison entre les deux soeurs est &amp;eacute;difiante: Mastronianni pourrait passer pour la meilleure m&amp;egrave;re car plus attentive tandis que Fo&amp;iuml;s fume comme un sapeur alors qu&apos;elle est enceinte, ne s&apos;occupe pas de ses enfants ou en tout cas ne s&apos;inqui&amp;egrave;te pas pour eux... et c&apos;est Mastroianni qui p&amp;egrave;te un plomb, qui se trouve incapable de s&apos;en occuper sans son mari et qui finalement par refus de renoncer &amp;agrave; quoi que ce soit renonce &amp;agrave; ses enfants.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Bilan: un film int&amp;eacute;ressant malgr&amp;eacute; de lourds handicaps, ce qui montre que Honor&amp;eacute; sait y faire.</description>
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  <guid isPermaLink='true'>http://mattboggan.livejournal.com/20414.html</guid>
  <pubDate>Sat, 03 Oct 2009 13:16:02 GMT</pubDate>
  <title>Critique cinéma: Un Prophète</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/20414.html</link>
  <description>&lt;div&gt;C&apos;est l&apos;histoire de Malik (charismatique et beau Tahar Rahim), jeune d&amp;eacute;linquant rebeu -- mais qui n&apos;y entend rien &amp;agrave; ce que signifie &amp;ecirc;tre arabe -- qui se retrouve en prison pour agression sur un flic et qui, au contact des piliers du grand banditisme, corse ou arabe, va se transformer de petit malfrat en chef de bande, imitant puis supplantant Lucciani, le parrain corse (d&amp;eacute;cadent et cynique Niels Arestrup, comme &amp;agrave; son habitude). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;lj-embed id=&quot;36&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;Cette histoire a d&amp;eacute;j&amp;agrave; &amp;eacute;t&amp;eacute; faite 100 fois au cin&amp;eacute;ma. Et c&apos;est vrai qu&apos;on pourrait reprocher &amp;agrave; Audiard de faire du copi&amp;eacute;/ coll&amp;eacute;. Reproche, au demeurant, qui n&apos;est pas sans fondement et qui compte pour une partie des faiblesses de ce film. Ainsi, certaines sc&amp;egrave;nes &amp;eacute;voquent les films et les s&amp;eacute;ries am&amp;eacute;ricains qu&apos;on a tous d&amp;eacute;j&amp;agrave; vus, parfois de mani&amp;egrave;re un peu lourde comme lorsque Niels Arestrup, pourtant bon dans moultes autres sc&amp;egrave;nes (notamment celles de d&amp;eacute;cadence du grand parrain du crime), joue les De Niro dans une sc&amp;egrave;ne semi-onirique au statut d&apos;ailleurs incertain. Pis: la sc&amp;egrave;ne o&amp;ugrave; le fant&amp;ocirc;me &amp;quot;crache&amp;quot; sa fum&amp;eacute;e par son cou &amp;eacute;gorg&amp;eacute; semble tout droit sortie de &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Sin City&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n&apos;emp&amp;ecirc;che: &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Un Proph&amp;egrave;te&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; est, selon moi, un bon film et ce pour plusieurs raisons. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le manque d&apos;originalit&amp;eacute; de l&apos;argument du film -- petit taulard deviendra grand -- est rachet&amp;eacute; par le fait m&amp;ecirc;me que le film s&apos;int&amp;eacute;resse &amp;agrave; deux types de criminels jusqu&apos;alors totalement absents des films fran&amp;ccedil;ais: les Corses (quel film autre que l&apos;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Affaire corse&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;, sic, en a parl&amp;eacute;?) et les Arabes. D&apos;ailleurs, en ce qui concerne les rapports entre ces deux communaut&amp;eacute;s (et c&apos;est bien ce qu&apos;elles sont, au moins en prison), Audiard ne prend pas de gants et montrent les r&amp;eacute;flexes identitaires qui jouent parfois m&amp;ecirc;me malgr&amp;eacute; les int&amp;eacute;ress&amp;eacute;s. Ainsi, Malik, au d&amp;eacute;part, est identifi&amp;eacute; par les gardiens de prison comme par les autres taulards comme un &amp;quot;barbu&amp;quot;... jusqu&apos;&amp;agrave; ce qu&apos;il devienne &amp;quot;l&apos;Arabe des Corses.&amp;quot;&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;De plus, Audiard sait filmer et prend son temps pour nous montrer comment un type qui &amp;agrave; priori ne *pouvait pas* devenir l&apos;homme de main du parrain corse et pour nous montrer comment, depuis la prison, Malik tisse, met en place, combine son r&amp;eacute;seau de trafic de shit, pas apr&amp;egrave;s pas, contact apr&amp;egrave;s contact. C&apos;est d&apos;ailleurs un autre poncif, mais qui est ici montr&amp;eacute; avec beaucoup de force, &amp;eacute;voqu&amp;eacute; par le film: c&apos;est en prison que les criminels deviennent de meilleurs criminels, qu&apos;ils organisent leurs affaires depuis leur cellule, que c&apos;est presque une aubaine pour eux d&apos;&amp;ecirc;tre en prison. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Enfin, l&apos;aspect onirique du film -- surnaturel dirons certains -- mais plut&amp;ocirc;t psychologique (pour les sc&amp;egrave;nes de dialogue de Malik avec sa premi&amp;egrave;re victime pour le compte du parrain corse) et mythologique (comment ce petit voyou qui deviendra ca&amp;iuml;d va en m&amp;ecirc;me temps acqu&amp;eacute;rir une aura plus grande que lui-m&amp;ecirc;me, une aura &amp;agrave; proprement parler mythologique, surnaturelle, ainsi que le milieu aime &amp;agrave; en parer ses figures de proue) est une vraie force et un atout indiscutable, la plus grande originalit&amp;eacute; du film. Malik (&amp;quot;ange&amp;quot; en arabe) est en effet une figure &amp;agrave; la fois christique ou ca&amp;iuml;nique (le bapt&amp;ecirc;me du sang lors du premier meurtre contre un autre Arabe, les &amp;quot;40 jours et 40 nuits&amp;quot; dans le d&amp;eacute;sert du mitard pendant que les Corses s&apos;entretuent) et mahom&amp;eacute;tane (il devient &amp;quot;un proph&amp;egrave;te&amp;quot; en pr&amp;eacute;disant l&apos;apparition de biches suite &amp;agrave; un r&amp;ecirc;ve, il se lance &amp;agrave; corps perdu dans une tentative quasi suicidaire pour tuer des cibles et y survit). &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Ce qui est int&amp;eacute;ressant dans ce film, c&apos;est le fait que ces aspects religieux, s&apos;ils sont pr&amp;eacute;gnants, d&amp;eacute;passent compl&amp;eacute;tement l&apos;entendement de Malik lui-m&amp;ecirc;me qui n&apos;y comprend rien et pour qui la religion est totalement &amp;eacute;tranger &amp;agrave; son monde -- si ce n&apos;est pour ses affaires: en versant de l&apos;argent &amp;agrave; l&apos;imam de la mosqu&amp;eacute;e du coin, il peut attirer l&apos;attention du chef des &amp;quot;barbus&amp;quot; de la prison. Cela permet &amp;agrave; Audiard d&apos;&amp;eacute;viter trop de lourdeur dans son propos. Il en va de m&amp;ecirc;me pour la relation p&amp;egrave;re/ fils entre Malik et Lucciani, pour le passage de petit branleur &amp;agrave; gros trafiquant de Malik: Audiard sait proc&amp;eacute;der par petite touches successives, presque r&amp;eacute;p&amp;eacute;titives, mais qui &amp;eacute;clairent &amp;agrave; chaque occurrence sur l&apos;&amp;eacute;volution du personnage, non pas psychologique -- car Malik n&apos;&amp;eacute;volue pas, ne trouve nulle r&amp;eacute;demption, nulle humanit&amp;eacute; plus grande, au contraire, il empire de ce point de vue -- mais statutaire. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;N&amp;eacute;anmoins, le film, s&apos;il trouve cet &amp;eacute;quilibre entre histoire d&apos;initiation, projection d&apos;une r&amp;eacute;alit&amp;eacute; sociale et conte mythologico-onirique, p&amp;ecirc;che sans doute par son manque de point de vue. Car, au final, une fois le film achev&amp;eacute;, on se demande: bon, ok, et apr&amp;egrave;s? Qu&apos;a-t-on voulu nous dire? Du coup, je me suis demand&amp;eacute; si toute oeuvre de cin&amp;eacute;ma devait dire quelque chose et, &amp;agrave; priori, lorsqu&apos;on intitule son film &amp;quot;Un Proph&amp;egrave;te&amp;quot; c&apos;est qu&apos;on a quelque chose &amp;agrave; dire. Vendu comme un film quasi sociologique sur l&apos;univers carc&amp;eacute;ral, ce film n&apos;est pourtant pas cela. Pour moi, c&apos;est un conte qui nous montre comment un simple taulard rebeu un peu con con devient parrain du crime organis&amp;eacute; par&amp;eacute; d&apos;une aura quasi-mystique. En fait, ce qu&apos;on a sous les yeux, c&apos;est l&apos;histoire de &amp;quot;comment Malik est devenu Malik le Proph&amp;egrave;te&amp;quot; racont&amp;eacute; &lt;strong&gt;apr&amp;egrave;s &lt;/strong&gt;donc en incluant la mythologie, le regard surnaturel de celui qui nous le raconte. Evidemment, tout ceci n&apos;est pas dit ainsi dans le film, mais voil&amp;agrave; comment j&apos;interpr&amp;egrave;te (je surinterpr&amp;egrave;te pour H.) ce qui pourrait passer pour des atermoiements d&apos;Audiard. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Sur le plan de r&amp;eacute;alisation pure, Audiard nous embarque d&amp;egrave;s le d&amp;eacute;but avec son h&amp;eacute;ros et ne nous l&amp;acirc;che plus. La premi&amp;egrave;re sc&amp;egrave;ne de meurtre, au bout de 30-40 minutes, est d&apos;une violence inou&amp;iuml;e et sale (le bapt&amp;ecirc;me du sang, donc) et repr&amp;eacute;sente le paroxysme du film qui retombe ensuite pendant les deux heures suivantes. H. l&apos;a trouv&amp;eacute; ennuyeux et trop long, je l&apos;ai trouv&amp;eacute; &amp;eacute;quilibr&amp;eacute; et bien vu, proc&amp;eacute;dant par petites touches successives et &amp;eacute;clairantes. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Alors, bilan? Un bon film, pas totalement abouti mais qui a l&apos;immense m&amp;eacute;rite de savoir innover tout en suivant (tombant dans?) un certain nombre de &lt;em&gt;topos &lt;/em&gt;du film carc&amp;eacute;ral/ de gangsters. Quelques r&amp;eacute;pliques ou sc&amp;egrave;nes un peu lourdes, largement compens&amp;eacute;es par des sc&amp;egrave;nes oniriques parfois tr&amp;egrave;s bonnes. Mais le film aurait gagn&amp;eacute;, sans doute, &amp;agrave; avoir un point de vue plus marqu&amp;eacute;: est-ce que Audiard ne savait pas o&amp;ugrave; il allait ou est-ce qu&apos;il est tellement subtil qu&apos;il laisse au spectateur le soin de le comprendre? La r&amp;eacute;ponse d&apos;H. ne fait pas de doute, la mienne est encore dans cette ambivalence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoi qu&apos;il en soit, un film dans lequel on entend Sigur Ros ne peut pas &amp;ecirc;tre totalement mauvais...&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</description>
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  <category>cinéma</category>
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  <pubDate>Sun, 27 Sep 2009 16:15:02 GMT</pubDate>
  <title>Critique cinéma: Inglorious Basterds</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/20182.html</link>
  <description>C&apos;est un western avec des nazis et des juifs, des GIs et des civils fran&amp;ccedil;ais &amp;agrave; la fois dans la r&amp;eacute;alisation comme dans la musique. C&apos;est un hommage au cin&amp;eacute;ma, notamment au cin&amp;eacute;ma fran&amp;ccedil;ais *et* allemand des ann&amp;eacute;es 40. C&apos;est un hommage aux films de genre. C&apos;est enfin et surtout un hymne &amp;agrave; la gloire et &amp;agrave; la saveur des langues, de leur musique, de leur compl&amp;eacute;mentarit&amp;eacute;, de leur mani&amp;egrave;re de voir et de penser. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;lj-embed id=&quot;35&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;C&apos;est le dernier Tarentino, &lt;i&gt;&lt;b&gt;Inglorious Basterds&lt;/b&gt;&lt;/i&gt; et c&apos;est un tr&amp;egrave;s bon film. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne suis pas un grand fan de Tarentino: j&apos;avais beaucoup aim&amp;eacute; &lt;i&gt;&lt;b&gt;Pulp Fiction&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;, par lequel j&apos;avais commenc&amp;eacute; (au cin&amp;eacute;ma au lyc&amp;eacute;e) continuant par &lt;i&gt;&lt;b&gt;Reservoir Dogs&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&lt;b&gt;Jackie Brown&lt;/b&gt;&lt;/i&gt; m&apos;avait ennuy&amp;eacute; et j&apos;avais &amp;eacute;t&amp;eacute; totalement herm&amp;eacute;tique &amp;agrave; &lt;b&gt;&lt;i&gt;Kill Bill&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; n&apos;ayant pas r&amp;eacute;ussi &amp;agrave; aller au bout du premier, le trouvant trop appuy&amp;eacute;, trop &amp;quot;je suis ridicule mais je suis conscient de l&apos;&amp;ecirc;tre donc je ne le suis pas&amp;quot; (une sorte de film post-moderne de genre...). Quant &amp;agrave; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Boulevard de la mort&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, pas vu, pas pris. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Et pourtant, l&amp;agrave;, c&apos;est excellent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le film s&apos;ouvre sur une sc&amp;egrave;ne d&apos;anthologie: dans une petite ferme quelque part au fin fond de la France de 1941, des SS d&amp;eacute;barquent dans la vie paisible d&apos;une famille pour y d&amp;eacute;busquer du juif qui se cache. Et tous les codes y sont: la femme &amp;eacute;tend le linge, la vue est cach&amp;eacute;e par le paysage, la musique part (nul hasard si la plupart des musiques du film sont celles d&apos;Ennio Morricone), et elle comprend et nous aussi qu&apos;il se passe quelque chose: elle &amp;eacute;carte le drap blanc. On voit les motos et le camion des SS qui arrivent au loin sur le chemin menant &amp;agrave; la ferme en m&amp;ecirc;me temps que retentit des percussions qui appuient l&apos;effet. Du pur western! Pur western &amp;eacute;galement le dialogue entre le colonel et le fermier; pur western les yeux sous le plancher, la mitraillade du plancher avec le plan par au-dessus et le ralentis sur les copeaux de bois qui volent dans l&apos;air satur&amp;eacute; de la pi&amp;egrave;ce unique de la ferme. Tout y est: on se croirait dans l&apos;ouverture du &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Bon, la brute et le truand &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;ou celle d&apos;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Il &amp;eacute;tait une fois dans l&apos;Ouest&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;. Idem la sc&amp;egrave;ne dans le rade paum&amp;eacute; dans une cave avec la tuerie qui &amp;eacute;clate soudainement (et en m&amp;ecirc;me temps qu&apos;on attend d&amp;egrave;s le d&amp;eacute;but). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques sc&amp;egrave;nes fonctionnent moins bien: ainsi le d&amp;eacute;but de la sc&amp;egrave;ne du d&amp;eacute;jeuner dans laquelle les acteurs semblent engonc&amp;eacute;s dans leur costume et leur r&amp;ocirc;le sans les remplir ni les habiter totalement. Mais cela reste bien rare. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Et la langue! Tarentino s&apos;amuse avec la langue, les acteurs aussi. Elle est roul&amp;eacute;e, roucoul&amp;eacute;e, amadou&amp;eacute;e, tortur&amp;eacute;e, parodi&amp;eacute;e, imit&amp;eacute;e: elle est omnipr&amp;eacute;sente (et du coup comment des distributeurs peuvent-ils proposer ce film en VF?). Brad Pitt a un accent des Appalaches qui sent le moonshine de contrebande; les Anglais qui parlent allemand, le colonel allemand qui parle allemand, anglais, italien, fran&amp;ccedil;ais, Brad Pitt qui parle italien avec son accent &amp;agrave; couper au couteau de b&amp;acirc;tard... C&apos;en est jouissif, purement et simplement. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L&apos;intrigue est suffisamment correcte pour qu&apos;on suive, mais en fait on s&apos;en fout, car ce que Tarentino fait c&apos;est nous raconter une histoire invraisembable (ainsi les &amp;eacute;crans qui nous annoncent les chapitres) et il nous la raconte en version multi-langues et multi-points de vue. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Le plus fort c&apos;est qu&apos;il arrive &amp;agrave; glisser deux-trois r&amp;eacute;flexions, qui ne sont ni lourdes ni l&amp;eacute;nifiantes, sur ce qu&apos;&amp;eacute;tait l&apos;occupation (et notamment sur les rapports de domination entre les occupants et les occup&amp;eacute;s) comme par exemple lors d&apos;un dessert entre le colonel SS et la Fran&amp;ccedil;aise Soshanna/ Claire qui ne peut choisir son dessert ni commencer avant de recevoir l&apos;aval du colonel qui a tellement l&apos;habitude de commander qu&apos;il ne se rend pas compte de ce qu&apos;il impose ou lorsque le soldat allemand courtisan jou&amp;eacute; par Daniel Br&amp;uuml;hl se mue en dominateur. Il glisse &amp;eacute;galement quelques r&amp;eacute;flexions  sur le cin&amp;eacute;ma comme outil politique (&amp;agrave; travers l&apos;&amp;eacute;vocation du (vrai ou faux?) film de Goebbels &amp;quot;Fiert&amp;eacute; de la nation&amp;quot;). Enfin, il offre une galerie de personnages tant&amp;ocirc;t joyeusement caricaturaux (les bat&amp;acirc;rds) tant&amp;ocirc;t fins et bien vus (la juive fran&amp;ccedil;aise jou&amp;eacute;e par M&amp;eacute;lanie Laurent est &amp;agrave; la fois subtile et cr&amp;eacute;dible en femme de t&amp;ecirc;te, le soldat allemand aux bonnes intentions mais dominateur). Et effectivement, Christoph Waltz en colonel SS polyglotte, cruel et raffin&amp;eacute;, offre un num&amp;eacute;ro d&apos;acteur r&amp;eacute;jouissant face &amp;agrave; un Brad Pitt tr&amp;egrave;s, tr&amp;egrave;s bon en peigne-cul des montagnes bleues (qu&apos;il fait excellemment). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Alors si Tarentino a la carte, pour ce film, je la prends.</description>
  <comments>http://mattboggan.livejournal.com/20182.html</comments>
  <category>quentin tarentino</category>
  <category>cinéma</category>
  <category>ennio morricone</category>
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  <guid isPermaLink='true'>http://mattboggan.livejournal.com/19718.html</guid>
  <pubDate>Thu, 24 Sep 2009 15:41:56 GMT</pubDate>
  <title>Vertige métaphysique: Il n&apos;y a pas de mort!</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/19718.html</link>
  <description>Cela fait des ann&amp;eacute;es que ces pens&amp;eacute;es m&apos;obs&amp;egrave;dent, me hantent, me terrorisent. Je lis, fr&amp;eacute;n&amp;eacute;tiquement, dans le secret espoir de trouver quelque r&amp;eacute;ponse, quelque piste qui me permettrait d&apos;apaiser ma souffrance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;R&amp;eacute;cemment, John Crowley, dans un billet sur son blog, avait d&amp;eacute;j&amp;agrave; &amp;eacute;mis des pens&amp;eacute;es qui m&apos;avaient frapp&amp;eacute; par la r&amp;eacute;sonance qu&apos;elles provoquaient en moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et voil&amp;agrave; &amp;agrave; pr&amp;eacute;sent, dans &lt;a href=&quot;http://www.laphamsquarterly.org/essays/in-the-midst-of-death.php?page=1&quot;&gt;un essai&lt;/a&gt;, qu&apos;il d&amp;eacute;finit tout cela, qu&apos;il le th&amp;eacute;orise, qu&apos;il allie Giordano Bruno avec le LHC et la crise financi&amp;egrave;re pour me dire:&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;quot;Il n&apos;y a pas de mort.&amp;quot;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c&apos;est tout simplement merveilleux.&lt;br /&gt;</description>
  <comments>http://mattboggan.livejournal.com/19718.html</comments>
  <category>john crowley</category>
  <category>giordano bruno</category>
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  <guid isPermaLink='true'>http://mattboggan.livejournal.com/19693.html</guid>
  <pubDate>Sun, 20 Sep 2009 09:02:29 GMT</pubDate>
  <title>Critique ciné: District 9</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/19693.html</link>
  <description>LE film qui fait le buzz en ce moment: produit par Peter Jackson, r&amp;eacute;alis&amp;eacute; par Neil Blomkamp, un Sud-Africain venu de la pub, parlant d&apos;aliens et d&apos;humains en empruntant, nous disent les critiques, &amp;agrave; &lt;i&gt;Cloverfield&lt;/i&gt;. R&amp;eacute;sultat: le film est en t&amp;ecirc;te du box-office am&amp;eacute;ricain. Alors qu&apos;en est-il? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;lj-embed id=&quot;33&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Et bien c&apos;est pas mal du tout. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a 20 ans, un vaisseau alien est apparu au-dessus de Johannesburg. Rapidement, les humains l&apos;ont explor&amp;eacute; et y ont trouv&amp;eacute; des aliens qui ressemblent &amp;agrave; un m&amp;eacute;lange entre des crevettes (d&apos;o&amp;ugrave; leur surnom p&amp;eacute;joratif de &amp;quot;prawns&amp;quot;) et des homards de 2,50 m dot&amp;eacute;s d&apos;une grande force physique et d&apos;une rapidit&amp;eacute; exceptionnelle. Ils paraissaient malades. 20 ans plus tard, les &amp;quot;crevettes&amp;quot; sont parqu&amp;eacute;es dans un &lt;i&gt;township&lt;/i&gt;, le District 9,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;et d&amp;eacute;test&amp;eacute;es par la population (blanche comme noire) qui en a peur. MNU, une soci&amp;eacute;t&amp;eacute; priv&amp;eacute;e mais qui entretient des liens flous avec le gouvernement, g&amp;egrave;re le District 9 -- en r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, le laissant &amp;agrave; la merci de la mafia nig&amp;eacute;rienne qui exploite les crevettes -- cherchant sans succ&amp;egrave;s &amp;agrave; utiliser les armes aliens trouv&amp;eacute;es dans le vaisseau et confisqu&amp;eacute;es. Pendant ce temps, les crevettes vivent dans des conditions mis&amp;eacute;rables, doivent acheter leur nourriture (du p&amp;acirc;t&amp;eacute; pour chats dont ils sont dingues ou de la viande crue). Le film commence en suivant le personnage principal Markus, un cadre de MNU, mari&amp;eacute; &amp;agrave; une belle blonde, qui vient d&apos;&amp;ecirc;tre promu par son beau-p&amp;egrave;re, dirigeant de MNU, pour mener &amp;agrave; bien le transfert des crevettes de District 9 &amp;agrave; un nouveau camp de concentra... euh de r&amp;eacute;fugi&amp;eacute;s, loin de la ville. Markus est le prototype de l&apos;ex&amp;eacute;cutant qui ne se pose pas de questions et qui fait son boulot consciencieusement (atroce sc&amp;egrave;ne, r&amp;eacute;v&amp;eacute;latrice, o&amp;ugrave; il ordonne de br&amp;ucirc;ler une baraque qui sert de &amp;quot;nid&amp;quot; &amp;agrave; des oeufs d&apos;aliens). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Tout ceci nous est montr&amp;eacute; sous forme d&apos;interviews avec diff&amp;eacute;rents sp&amp;eacute;cialistes (sociologues, physiciens, etc.), d&apos;images d&apos;archives de journaux t&amp;eacute;l&amp;eacute;vis&amp;eacute;s ou de reportage au sein de MNU (toute la descente dans le District 9 pour faire signer les crevettes les documents pseudo-l&amp;eacute;gaux qui autorisent MNU &amp;agrave; les exproprier, mod&amp;egrave;le d&apos;hypocrisie, prend la forme d&apos;un reportage interne -- destin&amp;eacute; &amp;agrave; des fins de propagande?). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Au cours de la descente, Markus trouve un &amp;eacute;trange artefact alien chez une crevette visiblement plus intelligente que les autres. Un liquide noir l&apos;&amp;eacute;clabousse. Rapidement, il se rend compte qu&apos;il se transforme en crevette lui-m&amp;ecirc;me... ainsi que les scientifiques chez MNU qui aussit&amp;ocirc;t m&amp;egrave;nent de terribles exp&amp;eacute;riences dignes de Meng&amp;eacute;l&amp;eacute; sur lui (terribles images du laboratoire secret o&amp;ugrave; ont lieu les exp&amp;eacute;riences sur les crevettes). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Markus parvient &amp;agrave; s&apos;&amp;eacute;chapper. Commence alors une course-poursuite haletante pendant laquelle Markus se voit trahi et rejet&amp;eacute; par les siens, pourchass&amp;eacute; par les agents de MNU, et se r&amp;eacute;fugie dans le District 9. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Nerveux, haletant, le film emprunte &amp;agrave; &lt;i&gt;Aliens&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Cloverfield&lt;/i&gt;, effectivement, &amp;agrave; &lt;em&gt;Solaris &lt;/em&gt;pour la musique (&amp;eacute;coutez celle de la bande-annonce), mais se rapproche le plus, &amp;agrave; mon sens, des &lt;i&gt;Fils de l&apos;Homme&lt;/i&gt;. En effet, comme ce dernier, &amp;agrave; travers cette histoire d&apos;anticipation (et non de science-fiction, car &amp;agrave; part le vaisseau alien, l&apos;ensemble du film est clairement ancr&amp;eacute; dans une r&amp;eacute;alit&amp;eacute; et un temps tr&amp;egrave;s proches des n&amp;ocirc;tres), District 9 est une &amp;eacute;vocation des travers de notre &amp;eacute;poque. Le District 9 est une r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence &amp;eacute;vidente &amp;agrave; l&apos;apartheid mais toute la longue sc&amp;egrave;ne d&apos;expulsion fait furieusement penser au ghetto de Varsovie (et &amp;agrave; la sc&amp;egrave;ne dans la &lt;em&gt;Liste de Schindler&lt;/em&gt;). D&apos;ailleurs, tout le film &amp;eacute;voque la Shoah: le chef des agents de MNU se r&amp;eacute;jouit de tuer des crevettes (&amp;quot;et dire que je suis pay&amp;eacute; pour &amp;ccedil;a!&amp;quot; rigole-t-il), les crevettes sont les sujets d&apos;exp&amp;eacute;riences biologiques secr&amp;egrave;tes, Markus, &amp;agrave; partir du moment o&amp;ugrave; il se transforme, n&apos;est plus consid&amp;eacute;r&amp;eacute; comme un humain (&amp;agrave; l&apos;instar d&apos;un SS au sujet duquel les autres SS d&amp;eacute;couvriraient que son grand-p&amp;egrave;re &amp;eacute;tait juif), les crevettes sont montr&amp;eacute;es par les images comme une race &amp;agrave; demi-sauvage qui se battent pour de la viande crue et du p&amp;acirc;t&amp;eacute; pour chat, qui sont violents et qui, visiblement, au bout de 20 ans, sont toujours incapables de repartir &amp;agrave; bord de leur vaisseau.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les choix de r&amp;eacute;alisation (le film est en fait une sorte de documentaire fiction m&amp;eacute;langeant images d&apos;archives, interviews des proches, d&apos;experts et sc&amp;egrave;nes reconstitu&amp;eacute;es) soulignent l&apos;anxi&amp;eacute;t&amp;eacute;, la d&amp;eacute;shumanisation de la soci&amp;eacute;t&amp;eacute;, l&apos;imm&amp;eacute;diatet&amp;eacute; des probl&amp;egrave;mes &amp;eacute;voqu&amp;eacute;s; ils ancrent, en d&apos;autres termes, cette histoire d&apos;anticipation dans notre &amp;eacute;poque. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Heureusement, le film &amp;eacute;vite l&apos;&amp;eacute;cueil qui le guettait de la lourdeur du propos en &amp;eacute;voquant des th&amp;egrave;mes aussi d&amp;eacute;licats en restant focalis&amp;eacute; sur l&apos;histoire de Markus, histoire classique de r&amp;eacute;demption, mais qui fonctionne.&amp;nbsp; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La seule faiblesse -- notamment si on compare le film aux &lt;i&gt;Fils de l&apos;Homme&lt;/i&gt; -- se trouve sans doute dans les personnages. En effet, la plupart sont non pas caricaturaux mais st&amp;eacute;r&amp;eacute;otyp&amp;eacute;s: Markus est le cadre qui n&apos;a jamais r&amp;eacute;fl&amp;eacute;chi et ouvre le yeux, son beau-p&amp;egrave;re est le m&amp;eacute;chant &lt;i&gt;corporate baron&lt;/i&gt; sans scrupule, sa femme est la gentille femme na&amp;iuml;ve manipul&amp;eacute;e par son p&amp;egrave;re mais toujours aimante, le chef des agents est le salaud sans humanit&amp;eacute;, etc. Dans les &lt;i&gt;Fils de l&apos;Homme&lt;/i&gt;, les conflits naissaient des int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts divergents, mais toujours justifi&amp;eacute;s des personnages et m&amp;ecirc;me le plus beauf des flics fachos aidait les personnages &amp;agrave; entrer dans le camp des r&amp;eacute;fugi&amp;eacute;s. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Le film se termine de mani&amp;egrave;re &amp;eacute;pique et conclue la r&amp;eacute;demption du personnage de belle mani&amp;egrave;re, quasi po&amp;eacute;tique, laissant m&amp;ecirc;me augurer d&apos;une suite possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l&apos;origine, District 9 est un court m&amp;eacute;trage que voici:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;lj-embed id=&quot;34&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</description>
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  <category>cinéma</category>
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  <pubDate>Sun, 20 Sep 2009 08:03:22 GMT</pubDate>
  <title>Critique série: Fringe saison 1</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/19319.html</link>
  <description>&lt;span class=&quot;il&quot;&gt;A l&apos;heure o&amp;ugrave; commence la saison 2 aux USA&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class=&quot;il&quot;&gt;,&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span class=&quot;il&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/i&gt; bilan de la saison 1: &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J. J. Abrams, le cr&amp;eacute;ateur notoire de &lt;i&gt;Lost&lt;/i&gt;, nous livre une s&amp;eacute;rie dont, pour le citer, l&apos;ambition est de faire du X-Files du XXIe si&amp;egrave;cle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;lj-embed id=&quot;32&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L&apos;argument de la s&amp;eacute;rie est donc le suivant: Olivia Dunham, agent du FBI, est confront&amp;eacute;e &amp;agrave; des &amp;eacute;v&amp;egrave;nements inexpliqu&amp;eacute;s lorsque son ancien co&amp;eacute;quipier et amant meure dans d&apos;&amp;eacute;tranges circonstances li&amp;eacute;es &amp;agrave; de myst&amp;eacute;rieuses exp&amp;eacute;riences. Elle piste la trace du responsable de ses exp&amp;eacute;riences: une soci&amp;eacute;t&amp;eacute; de technologies de pointe, Massive Dynamic. Son l&amp;eacute;gendaire et tr&amp;egrave;s discret fondateur, William Bell, a &amp;eacute;tudi&amp;eacute; dans son jeune &amp;acirc;ge avec un certain Walter Bishop. Dunham retrouve Bishop dans un asile de fous. Elle demande donc de l&apos;aide au fils de Bishop, Peter (Joshua Jackson, vu dans &lt;i&gt;Dawson&lt;/i&gt;), afin de faire sortir son p&amp;egrave;re puis de le &amp;quot;g&amp;eacute;rer.&amp;quot; Ensemble, cette fine &amp;eacute;quipe va donc r&amp;eacute;soudre les ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;nes paranormaux qui pullulent tandis que le chef de Dunham au FBI, Broyles (Lance Riddick, vu dans &lt;i&gt;The Wire&lt;/i&gt;), la mute dans une section sp&amp;eacute;ciale charg&amp;eacute;e d&apos;enqu&amp;ecirc;ter sur ces ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;nes. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Tout cela pourrait para&amp;icirc;tre all&amp;eacute;chant au diable -- et d&apos;ailleurs je fus moi-m&amp;ecirc;me par l&apos;odeur all&amp;eacute;ch&amp;eacute;. Abrams cherche clairement &amp;agrave; recruter les fans de &lt;i&gt;X-Files &lt;/i&gt;et sa s&amp;eacute;rie r&amp;eacute;ussit sur quelques points, notamment des moyens collossaux qui permettent d&apos;obtenir des effets sp&amp;eacute;ciaux en g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral super bien fichus (&amp;agrave; quelques exceptions pr&amp;egrave;s plut&amp;ocirc;t horribles). La r&amp;eacute;alisation, si elle est ultra voire trop efficace, arrive &amp;agrave; aligner quelques tr&amp;egrave;s belles sc&amp;egrave;nes (ouverture de l&apos;&amp;eacute;pisode sur les papillons notamment). De plus, certaines id&amp;eacute;es d&amp;eacute;velopp&amp;eacute;es sont int&amp;eacute;ressantes: l&apos;id&amp;eacute;e d&apos;une trame, d&apos;un motif (&amp;quot;the pattern&amp;quot;) qui se dessine avec l&apos;ensemble des ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;nes paranormaux qui se multiplient de mani&amp;egrave;re exponentielle comme si quelque chose ou quelqu&apos;un en &amp;eacute;tait responsable...&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Les points faibles, h&amp;eacute;las, sont nombreux: &amp;eacute;criture &amp;agrave; l&apos;emporte pi&amp;egrave;ce qui d&amp;eacute;cr&amp;eacute;dibilise les personnages (on s&apos;&amp;eacute;tonne d&apos;ailleurs de les voir jouer avec aplomb des sc&amp;egrave;nes qui frisent le ridicule) et qui sent le &amp;quot;on sait pas o&amp;ugrave; on va mais on y va&amp;quot; &amp;agrave; plein nez (l&apos;avenir nous le dira), personnages principaux pas cr&amp;eacute;dibles (Dunham: j&apos;en ai marre de voir des flicettes blondes aux cheveux longs, grandes, smart, sexy qui savent tout faire et qui sont hyper dou&amp;eacute;es en tout, &amp;ccedil;a me gonfle), lourdingues (comment rendre la folie du Dr Bishop? lui faire dire des trucs style &amp;quot;je bande&amp;quot; ou &amp;quot;je fais caca&amp;quot; -- ouah, trop classe l&apos;&amp;eacute;criture) ou insignifiant (Peter Bishop, le fils, qui sert de potiche) voire un combo des trois d&amp;eacute;fauts (Peter Bishop encore qui devient totalement pas cr&amp;eacute;dible lorsqu&apos;il nous dit qu&apos;il a des contacts partout pour pouvoir tout faire, tout retrouver... mieux que le FBI...: &amp;quot;mon pote libraire qui a le bouquin imprim&amp;eacute; en trois exemplaires il y a 15 ans et introuvable&amp;quot; ou &amp;quot;mon pote garagiste par qui *toutes* les voitures vol&amp;eacute;es &amp;agrave; Boston transitent&amp;quot; ou &amp;quot;mon pote informaticien qui connait mieux les virus que personne&amp;quot;, etc, etc, n&apos;en jetez plus). &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Cette double faiblesse (qui n&apos;en est qu&apos;une au fond: l&apos;&amp;eacute;criture) met en valeur les r&amp;ocirc;les secondaires: le chef du FBI est chouette (c&apos;est le capitaine devenu colonel black de &lt;i&gt;The Wire&lt;/i&gt;) malgr&amp;eacute; quelques sc&amp;egrave;nes gonflantes o&amp;ugrave; il doit mettre en valeur Dunham en jouant les p&amp;egrave;res protecteurs et le partenaire de Dunham, Charlie, est tr&amp;egrave;s chouette aussi avec sa voix rocailleuse de vieux baroudeur &amp;agrave; qui on la fait pas mais qui a du mal &amp;agrave; suivre avec tout ce qui se passe. J&apos;ai souvent dit que j&apos;aurai voulu voir les persos principaux d&amp;eacute;gager pour que ce soient ces deux-l&amp;agrave; le tandem moteur de la s&amp;eacute;rie. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Autre probl&amp;egrave;me (toujours dans l&apos;&amp;eacute;criture): beaucoup d&apos;&amp;eacute;pisodes nous pr&amp;eacute;sentent des ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;nes paranormaux comme &amp;eacute;tant le r&amp;eacute;sultat d&apos;exp&amp;eacute;riences men&amp;eacute;es &amp;agrave; partir des &amp;eacute;tudes de Bell/ Bishop il y a 30 ans. Car, forc&amp;eacute;ment, ce duo avait touch&amp;eacute; et obtenu des r&amp;eacute;sultats prompts &amp;agrave; remettre les lois de la (m&amp;eacute;ta)physique dans tous les domaines: t&amp;eacute;l&amp;eacute;portation, t&amp;eacute;l&amp;eacute;kin&amp;eacute;sie, projection astrale, recomposition atomique... L&amp;agrave; encore, pas cr&amp;eacute;dible. Il aurait mieux valu que Bishop soit associ&amp;eacute; &amp;agrave; Bell, certes, que son amn&amp;eacute;sie permette de ne pas savoir qui est vraiment Bell, ok, mais qu&apos;il se soit concentr&amp;eacute; sur un ou deux aspects. Mais les sc&amp;eacute;naristes l&apos;utilisent &amp;agrave; fond pour plein d&apos;&amp;eacute;pisodes: il se &amp;quot;rappelle&amp;quot; avoir mener telle ou telle exp&amp;eacute;rience qui est, forc&amp;eacute;ment, bien s&amp;ucirc;r, comme de par hasard, en rapport avec l&apos;intrigue, et hop! l&apos;aspect scientifique est r&amp;eacute;solu! Parce que, en fait, les sc&amp;eacute;naristes sont incapables d&apos;&amp;eacute;crire des sc&amp;egrave;nes montrant une enqu&amp;ecirc;te scientifique ou une recherche.&lt;div class=&quot;im&quot;&gt;&lt;br /&gt;  Enfin, le c&amp;ocirc;t&amp;eacute; &lt;i&gt;X-Files&lt;/i&gt; du XXIe si&amp;egrave;cle est en fait assez simple: au lieu des petits bonhomme verts, c&apos;est&lt;i&gt; X-Files &lt;/i&gt;au temps de la th&amp;eacute;orie des cordes. Ceci pourrait &amp;ecirc;tre int&amp;eacute;ressant, mais cet aspect a &amp;eacute;t&amp;eacute; balanc&amp;eacute; dans le tout denier &amp;eacute;pisode, ce qui confirme mes craintes d&apos;une s&amp;eacute;rie qui ne sait pas vraiment o&amp;ugrave; elle va. &lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;Bilan, donc: on regarde, quatre &amp;eacute;pisodes sur cinq sont rat&amp;eacute;s ou mal foutus, mais on continue pour les deux-trois id&amp;eacute;es vraiment bonnes parmi les 20 &amp;eacute;pisodes de la saison 1: les &lt;i&gt;observers&lt;/i&gt; chauves flippant, the &lt;i&gt;Pattern&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Massive Dynamic&lt;/i&gt;... De plus, &amp;eacute;tant donn&amp;eacute; que c&apos;est sur le format un &amp;eacute;pisode (ou deux maxi) = une intrigue r&amp;eacute;solue &amp;agrave; la fin, c&apos;est tout &amp;agrave; fait tenable. Bref, une s&amp;eacute;rie typique sign&amp;eacute;e Abrams: bonnes id&amp;eacute;es de base, &amp;eacute;criture compl&amp;egrave;tement pourrie qui donnerait honte &amp;agrave; n&apos;importe quel sc&amp;eacute;nariste un tant soit peu honn&amp;ecirc;te mais &amp;agrave; la diff&amp;eacute;rence de &lt;i&gt;Lost&lt;/i&gt;, par exemple (sans vouloir aucunement enfoncer le clou) &amp;ccedil;a ne joue pas sur le maintien en haleine du t&amp;eacute;l&amp;eacute;spectateur de par la structure... en tout cas, pour le moment (car le final de la saison, s&apos;il est certes impressionnant, suscite quelques craintes: comment vont-ils faire pour &amp;eacute;viter une intrigue courant sur tous les &amp;eacute;pisodes &amp;agrave; pr&amp;eacute;sent?). Le r&amp;eacute;sultat: une s&amp;eacute;rie plut&amp;ocirc;t sympa, souvent ridicule, parfaite pour regarder le mercredi soir pour notre part. (Ensuite on enfile un Big Bang Theory et hop! au dodo.)</description>
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  <category>lance riddick</category>
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  <pubDate>Sat, 12 Sep 2009 18:35:08 GMT</pubDate>
  <title>Imagine... (critique cinéma)</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/18854.html</link>
  <description>Imaginez une intrigue inspir&amp;eacute;e &amp;agrave; la fois de Rom&amp;eacute;o et Juliette (un amour impossible entre deux clans rivaux) et du parrain (comment on devient malgr&amp;eacute; soi comme ses parents, comment on ne peut pas briser les cha&amp;icirc;nes de la tradition familiale) mais aussi qui &amp;eacute;voque Spartacus (la r&amp;eacute;volte des esclaves). Imaginez que les clans rivaux soient des vampires et des loups-garou, que l&apos;amour impossible soit entre une vampire et un garou, que le garou veut lib&amp;eacute;rer son peuple de l&apos;esclavage dans lequel les vampires le maintient. Imaginez que le chef des vampires soit jou&amp;eacute; par l&apos;inimitable Bill Nighy (&lt;em&gt;Good Morning England&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;State of Play&lt;/em&gt;) et que le garou soit jou&amp;eacute; par Michael Sheen (Frost dans &lt;em&gt;Frost/ Nixon&lt;/em&gt;, Tony Blair dans &lt;em&gt;The Queen&lt;/em&gt;). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Vous vous dites: un chef d&apos;oeuvre en vue. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant, &lt;i&gt;&lt;b&gt;Underworld III &lt;/b&gt;&lt;/i&gt;est une bouse inf&amp;acirc;me &amp;agrave; peine digeste dont on se fout apr&amp;egrave;s une petite demi-heure de visionnage tant les dialogues sont &amp;eacute;crits avec des moufles par -30&amp;deg;C et la r&amp;eacute;alisation &amp;eacute;voque les contre-plong&amp;eacute;es et plong&amp;eacute;es pr&amp;eacute;tentieuses dont un gamin qui viendrait de recevoir une cam&amp;eacute;ra serait capable. C&apos;est nul, nul re-nul et archi nul avec des plans d&apos;un ridicule consomm&amp;eacute; (notamment la sc&amp;egrave;ne de baise en bord de pr&amp;eacute;cipice, Michael Sheen ne tombant pas dans le vide uniquement parce que son piolet est bien enfonc&amp;eacute; dans la vampirette assises dessus...). Les effets sp&amp;eacute;ciaux sont bof, bof (les garou sont pas beaux) et l&apos;ambiance gothique sombre daaaaaark tellement soulign&amp;eacute;e que c&apos;en est p&amp;eacute;nible. Dans cet op&amp;eacute;ra tragico-comique ridicule, les acteurs tentent de faire leur boulot en surjouant chacune de leurs r&amp;eacute;pliques insipides mais, ce faisant, aggravent la situation. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pis en plus, m&amp;ecirc;me que la fille, elle est moins belle que Kate Beckinsale...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Autant le premier &amp;eacute;tait sympa autant celui-ci est vraiment tout pourri. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;lj-embed id=&quot;31&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</description>
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  <category>cinéma</category>
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  <pubDate>Mon, 07 Sep 2009 07:00:52 GMT</pubDate>
  <title>Critiques cinéma: Films d&apos;espion(s)</title>
  <link>http://mattboggan.livejournal.com/18622.html</link>
  <description>&lt;i&gt;&lt;b&gt;Les Patriotes&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;, d&apos;Eric Rochant avec Yan Attal: &lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; style=&quot;width: 246px; height: 333px;&quot; src=&quot;http://www.cinemovies.fr/images/data/affiches/Gaff960737341.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Je sais, c&apos;est pas r&amp;eacute;cent, r&amp;eacute;cent, mais j&apos;en entendais parler par les critiques du Cercle &amp;agrave; chaque fois qu&apos;un nouveau film d&apos;espion sortait: ils le citaient en r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence, jugeaient tout nouveau film &amp;agrave; l&apos;aune de celui-ci. Donc, je voulais le voir. C&apos;est chose faite. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Effectivement, c&apos;est un bon film. L&apos;espionnage y est trait&amp;eacute; comme une activit&amp;eacute; honteuse, forc&amp;eacute;ment, mais qui reste uniquement de la collecte d&apos;information. On ne voit pas un seul coup de feu. Les sc&amp;egrave;nes d&apos;action ont lieu dans la sph&amp;egrave;re sociale: c&apos;est un dialogue entre deux personnages o&amp;ugrave; l&apos;un va tenter d&apos;assoir son pouvoir sur l&apos;autre, une tentative de s&amp;eacute;duction, un chantage, une manipulation. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;La r&amp;eacute;alisation renforce cette impression et participe activement &amp;agrave; la tension du film. Par exemple, &amp;agrave; un moment, Yvan Attal croit reconna&amp;icirc;tre, dans le hall d&apos;un h&amp;ocirc;tel, une fille qui l&apos;avait fascin&amp;eacute; lors d&apos;une pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dente op&amp;eacute;ration et qui a disparu. Il suit le couple qui monte dans les &amp;eacute;tages mais arrive trop tard: la porte de la chambre se referme. Il est face &amp;agrave; nous, la porte dans son dos. Il se retourne (dos &amp;agrave; la cam&amp;eacute;ra), il frappe, un type r&amp;eacute;pond et il n&apos;arrive qu&apos;&amp;agrave; entrapercevoir (avec nous) en arri&amp;egrave;re-plan la silhouette d&apos;une femme: elle lui ressemble, mais ce n&apos;est pas concluant. Il s&apos;excuse. Le type referme. Il commence &amp;agrave; partir, toujours dos &amp;agrave; la cam&amp;eacute;ra qui panote l&amp;eacute;g&amp;egrave;rement pour le suivre, faisant dispara&amp;icirc;tre du champ la porte de la chambre. Attal dispara&amp;icirc;t au coin d&apos;un couloir. La cam&amp;eacute;ra ne bouge plus. Soudain, il r&amp;eacute;appara&amp;icirc;t, le visage d&amp;eacute;termin&amp;eacute;, un peu fou, et la cam&amp;eacute;ra panote pour le suivre &amp;agrave; nouveau. Il frappe &amp;agrave; la porte, le type lui ouvre, il entre en le bousculant, la cam&amp;eacute;ra le suit, toujours de dos, jusqu&apos;&amp;agrave; la chambre &amp;agrave; coucher o&amp;ugrave; il d&amp;eacute;couvre la fille, nue dans le lit, mais ce n&apos;est pas elle. La cam&amp;eacute;ra se fige, tout comme Attal qui s&apos;excuse &amp;agrave; nouveau. R&amp;eacute;sultat: la sc&amp;egrave;ne a dur&amp;eacute; une minute; les mouvements de cam&amp;eacute;ra ont totalement &amp;eacute;pous&amp;eacute; les &amp;eacute;tats d&apos;&amp;acirc;mes et les atermoiements du personnage sur lequel on a appris &amp;eacute;norm&amp;eacute;ment. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Les acteurs sont bons dans leur r&amp;ocirc;le, notamment Yvan Attal dans son d&amp;eacute;tachement passif vis-&amp;agrave;-vis des choses qui est une force dans son m&amp;eacute;tier d&apos;espion et qu&apos;il oublie &amp;agrave; deux reprises lorsqu&apos;il se sent vraiment impliqu&amp;eacute; (pour une femme et pour l&apos;espion am&amp;eacute;ricain qui lui ressemble). Les deux fois, il le paiera. Bernard Lecoq est tr&amp;egrave;s bon en salaud qui organise la tromperie d&apos;un ing&amp;eacute;nieur en se faisant passer pour un ami. H. pense que Sandrine Kimberlain est l&apos;erreur de casting: elle est cens&amp;eacute;e provoquer chez Attal une fascination telle qu&apos;il ne l&apos;oubliera jamais. H. ne la trouve pas belle. Je trouve qu&apos;elle correspond bien au r&amp;ocirc;le de call-girl qu&apos;elle joue. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Cependant, j&apos;ai ressenti une g&amp;ecirc;ne dans les dialogues, comme si tout &amp;eacute;tait jou&amp;eacute; d&apos;un ton atone. Je me suis demand&amp;eacute; si &amp;agrave; l&apos;origine le film &amp;eacute;tait tourn&amp;eacute; en anglais, ce qui pourrait expliquer mon impression. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Un bon film, donc, qui a bien vieilli (il a 10 ans), et dont je comprends &amp;agrave; pr&amp;eacute;sent pourquoi il est une r&amp;eacute;f&amp;eacute;rence, surtout compar&amp;eacute; &amp;agrave;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Espion(s)&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;, de Nicolas Saada, avec Guillaume Canet et G&amp;eacute;raldine Pailhas&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;lj-embed id=&quot;30&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les critiques du Cercle avaient beaucoup aim&amp;eacute;: l&apos;un de vanter la r&amp;eacute;alisation, l&apos;autre la sensualit&amp;eacute; m&amp;ecirc;l&amp;eacute;e de fragilit&amp;eacute; de G&amp;eacute;raldine Pailhas qui est l&apos;&amp;eacute;pouse d&apos;un financier du terrorisme, un autre encore de louer le r&amp;eacute;alisme de cette histoire d&apos;espionnage entre la France et l&apos;Angleterre. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Or, on a affaire dans ce film &amp;agrave; tous les clich&amp;eacute;s de l&apos;espionnage: explosifs, recrutement du type m&amp;ecirc;l&amp;eacute; &amp;agrave; l&apos;intrigue, espion cynique, terroriste suave mais inqui&amp;eacute;tant, la femme du financier innocente... Plusieurs fois, la cr&amp;eacute;dibilit&amp;eacute; de l&apos;ensemble ne tient pas, comme lorsque le MI5 pousse G&amp;eacute;raldine Pailhas &amp;agrave; espionner son mari... en lui filant une cl&amp;eacute; USB pour qu&apos;elle transf&amp;egrave;re le contenu de l&apos;ordinateur familial dessus. Car il est connu que quand on est financier du terrorisme international, on sauvegarde des donn&amp;eacute;es d&amp;eacute;licates sur l&apos;ordinateur familial... Heureusement, le sc&amp;eacute;nario r&amp;eacute;ussit &amp;agrave; rattraper le coup: le MI5 ne trouve rien. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Au bout de 20 minutes du film, on est d&amp;eacute;j&amp;agrave; blas&amp;eacute; face aux platitudes et aux st&amp;eacute;r&amp;eacute;otypes. Et puis, la logique des personnages n&apos;est pas respect&amp;eacute;e: Guillaume Canet doit se faire recruter et travailler pour les services secrets fran&amp;ccedil;ais et &amp;ecirc;tre envoy&amp;eacute; en Angleterre, sinon pas de film. Or, Guillaume Canet sait admirablement jouer les cons, du coup, une fois qu&apos;il est embarqu&amp;eacute; dans cet histoire, on se demande bien pourquoi il prend &amp;agrave; coeur de collaborer avec les services secrets fran&amp;ccedil;ais puis anglais. Cela aurait &amp;eacute;t&amp;eacute; plus logique si sa seule motivation &amp;eacute;tait G&amp;eacute;raldine Pailhas, mais ce n&apos;est jamais vraiment clair. (Apr&amp;egrave;s c&apos;est peut-&amp;ecirc;tre que Espion(s) est un film trop subtil pour moi... mais je sais pas pourquoi, j&apos;en doute un peu.)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Bref, un film bof bof qui ne m&amp;eacute;rite pas les louanges qu&apos;il a re&amp;ccedil;u &amp;agrave; sa sortie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img alt=&quot;&quot; src=&quot;http://ecx.images-amazon.com/images/I/51G4DTWRTXL.jpg&quot; style=&quot;width: 176px; height: 251px;&quot; /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;vs.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;img alt=&quot;&quot; style=&quot;width: 179px; height: 250px;&quot; src=&quot;http://themovingpicture.net/wp-content/uploads/state_of_play_poster.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier soir, nous avons vu &lt;i&gt;&lt;b&gt;State of Play&lt;/b&gt;&lt;/i&gt; (version US) avec Russel Crowe et Ben Affleck. Mouais, &amp;ccedil;a se regarde. Mais je pr&amp;eacute;f&amp;egrave;re largement la version british pour une raison principale que H. m&apos;a aid&amp;eacute; &amp;agrave; identifier: tout dans la version US est plus lisse. Ainsi, la liaison entre le d&amp;eacute;put&amp;eacute; et son assistante appara&amp;icirc;t comme une simple liaison tristement banale; dans la version GB c&apos;est une affaire sordide d&apos;adult&amp;egrave;re et de double voire triple trahison. Le double meurtre du d&amp;eacute;but semble &amp;ecirc;tre un &amp;eacute;ni&amp;egrave;me meurtre dans la version US; dans la version GB, c&apos;est d&apos;une banalit&amp;eacute; effrayante. L&apos;ensemble de la s&amp;eacute;rie GB respire un parfum glauque qui donne une intensit&amp;eacute; beaucoup forte que dans la version US. Et ce c&amp;ocirc;t&amp;eacute; glauque est &amp;agrave; la fois contrebalanc&amp;eacute; et renforc&amp;eacute; par l&apos;humour qui est presque absent de la version US.</description>
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  <pubDate>Wed, 02 Sep 2009 18:41:28 GMT</pubDate>
  <title>Coïncidences?</title>
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  <description>Parfois, la vie est &amp;eacute;trange. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J&apos;ai r&amp;eacute;cemment lu le nom de Northrop Frye sur &lt;a href=&quot;http://crowleycrow.livejournal.com/123489.html&quot;&gt;le blog de John Crowley&lt;/a&gt; qui parle de lui comme quelqu&apos;un qui a d&amp;eacute;fini, dans son livre &lt;i&gt;The Secular Scripture&lt;/i&gt;, ce que devrait &amp;ecirc;tre les romans et notamment les romans de science-fiction/ fantasy. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je croise ensuite &lt;a href=&quot;http://www.nytimes.com/2009/08/30/books/review/Dizikes-t.html?ref=books&quot;&gt;un article du NYT &lt;/a&gt;&amp;agrave; propos de livres sur l&apos;&amp;eacute;volution dont un est consacr&amp;eacute; au combat entre la taxonomie et l&apos;&amp;eacute;volution. Et j&apos;entends parler alors de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_von_Linn%C3%A9&quot;&gt;Linnaeus&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Puis, dans &lt;a href=&quot;http://www.guardian.co.uk/theobserver/2009/aug/30/margaret-atwood-novel-ecology&quot;&gt;&lt;em&gt;The Guardian&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, j&apos;apprends que Margaret Atwood publie un nouveau livre, &lt;i&gt;The Year of the Flood&lt;/i&gt;, un roman d&apos;anticipation dans lequel l&apos;humanit&amp;eacute; est d&amp;eacute;cim&amp;eacute; par un &amp;quot;D&amp;eacute;luge sans eau,&amp;quot; c&apos;est-&amp;agrave;-dire une pand&amp;eacute;mie provoqu&amp;eacute;e par une secte de &amp;quot;Darwiniens.&amp;quot; Ce roman est pr&amp;eacute;sent&amp;eacute; comme une suite &amp;agrave; &lt;i&gt;Oryx &amp;amp; Crake&lt;/i&gt; que j&apos;avais beaucoup, beaucoup aim&amp;eacute;. Et voil&amp;agrave; que j&apos;apprends au passage qu&apos;Atwood est fille d&apos;un naturaliste h&amp;eacute;ritier de Linnaeus et qu&apos;elle a &amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;eacute;l&amp;egrave;ve &amp;agrave; l&apos;universit&amp;eacute; de Northrop Frye. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La boucle est boucl&amp;eacute;e.&amp;nbsp;</description>
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